Étape 11 : À la recherche de Martín Chico

Ne faisant pas confiance aux GPS qui nous avaient fait faux-bond au Chili, nous avons acheté deux atlas papiers de l’Amérique du sud à répartir entre les cyclistes et le camion. Nous ne faisons désormais plus tout à fait confiance aux atlas papiers.

Viaduc, notre bien-aimé responsable logistique nous avait donné rendez-vous à ce qui ressemblait à un camping sur les bords du fleuve, un peu du genre de celui dans lequel nous venions de passer la nuit. L’équipée de cyclistes part de bon matin, mais autre fait incroyable, le camion aussi. Le camion fait une halte courses-grignotage à Carmelo et se met en direction du point de rendez-vous appelé « Martín Chico ». C’est facile, c’est la troisième à droite sur la route de Colonia. Nous croisons quelques fermes et quelques écoles communales éparses, dont on se demande bien qui les fréquente, tellement cette campagne est désertique. Les routes font des dizaines de kilomètres sans intersection, alors quand on arrive au premier croisement 30 kms plus loin, on s’y engouffre. La signalisation routière a été pensée au minimum, on sait à peine où on est. En demandant à un autochtone on s’aperçoit qu’on a fait bien trop de route, et qu’il fallait emprunter un chemin en terre auparavant. Nous rebroussons chemin, et empruntons tous les chemins de terre que nous croisons, c’est à dire trois. Nous nous engouffrons au fin fond des champs de maïs transgénique, tirons à pile ou face sur les pâtes d’oies, et nous accoutumons à la faune locale. Notre passage réveille des volées d’oiseaux jaunes-verts-bleus, comme des perroquets muets. Nous tombons sur quelques fermes délabrées, quelques bâtiments étonnamment modernes, comme dans des James Bond. Après quelques heures et après avoir parcouru tous ces sentiers – dont un qui nous a ramené à notre point de départ – nous nous rendons à l’évidence. Si vous avez été traumatisés par la vérité sur le père Noël, tenez-vous bien. Martín Chico n’existe pas. Nous retournons en direction de Carmelo, retrouvons les cyclistes, qui nous disent avoir trouvé un camping gratuit en bord de fleuve en ville, nous y rendons.

Il y a des pins, du sable, des cheminées pour griller de la viande. Ça présente bien. On s’avance un peu pour trouver une place, et avant même que les cyclistes nous rejoignent, on s’embourbe dans un sable qui n’avait pourtant pas l’air si meuble. Chouette, on avait justement une heure à tuer. En bon tocards nous faisons tout ce qu’il ne faut pas faire dans ce cas, c’est à dire insister sans être sûr de son coup. Les petites pierres n’y font rien, on perd de la hauteur à vue d’œil. Soudain tout le camping s’intéresse à nous, en y allant de ses conseils et de ses techniques d’indiens, toutes aussi inefficaces que les nôtres. Alors que nous avions récupéré des planches de bois au bar le plus proche, et que nous remontons le camion avec notre cric, le salut vient du tracteur d’un ami d’un uruguayen qui était sur le camping. On a de la chance d’être dans une région agricole.

Sur le camping nous rencontrons Maxi, un argentin qui voyage à vélo, et qui n’en est pas à sa première sortie. Il nous confirme nos aprioris prononcés sur les camionneurs argentins, et nous explique qu’ils lui ont valu une fracture de la clavicule. On fait une soupe commune, et décidons de faire la route ensemble le lendemain.

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Combien faut-il d'ingénieurs et de médecins pour faire fonctionner une caméra ?
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Etape

Balneario Agraciada – Carmelo

Date

Jeudi 15 janvier 2015

Conducteurs

Nicolas, Éloi

Cyclistes

Camille, Baptiste, Charlène, Vincent

Type de route

Route départementale sympathique et pittoresque

Distance (km)

50 km

Denivelé montée

environ 200m

Denivelé descente

environ 200m

Difficulté

Facile

Départ

9h

Arrivée

16h

Météo

Très beau

Nb de chutes

0

Nb de problèmes techniques

0