Balneários – Partie II

Une journée de repos s’en suit. Nous donnons le soir un autre concert, dans un bar à quelques centaines de mètres de là, qui donne sur la plage, « la Piedralisa ». Nous sommes nourris et rincés, le public est nombreux et chaleureux. Nous jouons au milieu de trois autres groupes, des uruguayens, des argentins, et les amis d’Atroche y Moche. Le bar donne à tout le monde des jeux d’échecs en attendant les concerts, ça a l’air très répandu ici aussi.

Le lendemain nous reprenons la route et longeons la côte, toujours un peu plus en direction de l’est. Nous nous arrêtons dans un hostel en bord de route à quelques kilomètres avant Punta del Este. L’hostel tenu par une des connaissances de Victoria, est sans doute un des plus miteux de la planète. Les matelas sentent le moisi, l’eau du robinet est maronnasse, la chasse d’eau fait un vacarme de tous les diables la nuit, et les moustiques sont légions. Qu’importe, c’est bon marché, pratique, et à 100 mètres de la plage ! Nous y prenons nos appartements quelques jours, répétons, et réglons quelques dernières misères sur le fourgon.

Le soir on se rend à Punta del Este pour aller jouer. C’est une ville balnéaire très huppée, qui peut rappeler le sud de la France. Ça change complètement d’ambiance, il y a peu de bars, surtout des restaurants. Tout le monde présente bien. Nous nous séparons à la recherche d’endroits pour lesquels on pourrait jouer. On rentre bredouille. Après quelques tergiversations dont nous avons le secret, nous décidons d’aller jouer devant des bars, histoire de voir si ça ne leur plaît pas. Ça marche, au bout de quelques morceaux un des bars devant lesquels on joue vient nous voir et nous demande de jouer pour lui le soir même et le lendemain. On négocie la nourriture et le cachet et jouons toute la soirée.

Le lendemain, nous partons pour Valizas, un autre balneário un peu plus haut. Le camion nous dépose à 60 kilomètres, mais cette étape est l’objet d’un autre article.

À Valizas ce n’est plus du tout la même ambiance qu’à Punta del Este. La route est en terre, les gens marchent pied-nus sans écraser leurs dreads, jonglent. Bref, on est à Woodstock. Victoria nous a trouvé un contrat dans un bar, « la Fraterna », avec qui nous allons faire connaissance à notre entrée dans la ville. On nous paie des frites et de la bière, bon accueil ! Les saisonniers du bar ont un logement un peu plus loin dans le village, où nous allons déposer nos affaires pour y passer la nuit. Nous donnons dans la soirée le concert dans le bar. Encore une fois l’accueil est bon, et nous mangeons bien.

Le lendemain, l’étape sportive ne se fait pas à vélo mais à pied. Près de Valizas existe un village situé dans une réserve naturelle de la côte. Il n’y a pas d’eau courante et l’accès est interdit aux véhicules. Seuls de gros camions effectuent des navettes entre le village et le terminal de bus à l’entrée de la réserve. L’autre accès possible est par la plage, depuis Valizas. Ces trois ou quatre heures de marche nous font traverser de grandes dunes, où le sable projeté par le vent nous fouette les bras et les jambes. On y croise des lions de mers gigantesques en train de prendre un bain de soleil sur un rocher. On en croise aussi beaucoup de morts, étonnamment, échoués sur la plage. Arrivés à Cabo Polonio nous constatons que le village est pris d’assaut par les touristes. Tout le monde vend des bouibouis sur le bords des rues, qui sont en fait des sentiers en sable. Nous faisons le tour des bars et des restaurants à la recherche d’un contrat, en vain.

Le village étant isolé, si nous n’y dormons pas, il nous faut prendre une navette avant qu’elles s’arrêtent. Les hostels sont hors de prix, nous décidons de partir le soir même pour le Brésil.

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