Bolivie, Etape Laguna Verde – San Pedro de Atacama, Le jour le plus long !

Après être rentrés de notre tentative d’ascension du Licancabur, Charlène, Barbie, Paik et moi nous restaurons quelques peu au refuge en débriefant la randonnée avec Jean, l’aspirant guide français rencontré la veille.

Après une petite sieste et une plâtrée de pâtes, nous décidons avec Charlène de ne pas en rester là et d’enchaîner avec 50 Km de vélo jusqu’à San Pedro.

 

Étape Laguna Verde – San Pedro de Atacama
Date Mardi 14 Avril
Conducteurs Camille et Barbie
Cyclistes Éloi, Marion, Viaduc et Abitbol la veille, Charlène et Baptiste
Type de route Chemin , tôle ondulée, sable sur 20 Km puis asphalte
Distance (km) 58
Dénivelé montée +300
Dénivelé descente -2400
Difficulté medium
Départ 15h
Arrivée 18h30
Météo Grand beau, vent violent de face
Altitude 4300/2200
Nb de chutes 0
Nb de problèmes techniques 0

 

Nous partons vers 15h. Je regrette rapidement d’avoir suivit l’enthousiasme de Charlène pendant la première partie. En effet le vent dans ces contrées désertiques se lève fort l’après-midi. Nous le prenons de face en montée avec le sable dans les yeux pendant les 20 premiers Km. De plus, la zone est frontalière est parcourue par de nombreux camions qui acheminent du minerais vers San Pedro. A la frontière, j’ai les cuisses en vrac, et les yeux noirs de poussière, je ne suis pas loin d’abandonner. Environ 10 Km de ripio plus loin, Charlène est persuadée de voir le poste de douane Chilienne en dessus du chemin. Elle avait presque raison : c’était le nouveau poste tout neuf et pas encore ouvert, la douane se trouve toujours à San Pedro … Petit détour vent de face pour rien, c’est dur pour le moral !

Finalement, nous arrivons au paradis : Le bon bitume chilien dévale une pente régulière probablement formée il y a des millions d’années par une gigantesque coulée de lave, et nous amène 2400 mètres plus bas jusqu’à San Pedro De Atacama. Il ne reste plus qu’à mettre le grand plateau et à profiter du paysage ! Le Licancabur et la chaîne de volcans formant la cordière du coté chilien (malgré le fait qu’elle soit parait-il, caffie de mines anti-personnelles), est somptueuse. Peu à peu l’air se fait plus chaud, et nous quittons la doudoune pour le T-shirt. Nous arrivons au soleil couchant à San Pedro, avec l’idée de se boire une mousse et de se reposer après cette journée commencée à 2h du matin …

Ça ne se passera pas ainsi. Lorsque nous débarquons au poste de douane, nous retrouvons Barbie et Paik dépités. Cela fait une heure et demie que le camion est fouillé en détail par un douanier chilien qui semble faire beaucoup de zèle. Tout nos bagages et instruments sont sortis dans la rue devant le poste de douane.

Je patiente, un peu agacé, pendant une petite heure. Lorsque le douanier commence à mettre des coups de tourne-vis dans l’isolation du Sprinter, je sort de mes gonds, et commence à prendre chacune des dégradations en photo. Je lui explique que nous lui réclamerons de l’argent en réparation. Le ton monte. Je ne sais pas si nos coupes de cheveux nous jouent un tour, mais le bougre est persuadé que nous avons de la drogue dans les cloisons du véhicule ! Finalement, je m’énerve tellement que Barbie prend parti pour le douanier en me disant que de toute façon je n’arriverai pas à la faire changer d’avis. Je rebrousse chemin et les laisse tout les deux. 15 minutes plus tard, Barbie revient avec le sourire, le fonctionnaire nous laisse partir. Il faut croire que la réaction de Barbie face à mon coup de gueule lui a permis de créer un lien de confiance avec le douanier et de débloqué la situation. Nous rechargeons donc méthodiquement toutes les affaires dans le camion, bien contents d’en avoir fini avec la douane chilienne.

Nous descendons la rue à la recherche des autres membres du groupe qui logent dans une auberge près du terminal de bus. On y est presque, une petite bière nous attend, nous en sommes convaincus ! Sauf qu’il y a la loi de Murphy… La loi de l’emmerdement maximum… Celle qui fait que la biscotte tombe avec la confiture vers le sol … Celle aussi qui fait que nous nous faisons arrêter par la police 5 minutes après être sortis de 4h de douane au tournevis…

Les policiers de frontière chiliens ne sont pas ce qu’on pourrait appeler des tendres. Ils ne portent pas d’uniforme et ressemble un peu à la BAC française. Gros 4×4, fusils à pompes, approche protocolaire. A ce moment là je suis en mode « débile » . Je demande à l’agent pourquoi il ne porte pas d’uniforme et lui demande de me montrer sa plaque. Il me répond qu’ici ce n’est pas comme en France et que lorsque l’on voyage dans un pays on se doit de se renseigner sur les habitudes locales… Je lui rétorque que j’ai lu consciencieusement le Lonely Planet du Chili et que je n’y ai nullement trouvé d’informations concernant le mode vestimentaire de la maréchaussée chilienne … Le ton monte, Barbie me fait le même signe qu’une demi-heure avant avec le douanier zélé, je me retire. La Police de frontière nous explique que eux aussi cherchent de la drogue mais qu’ils n’ont rien à voir avec la douane. Selon eux, la douane a « de moins bon résultats qu ‘eux ». Peu importe que nous venions d’être fouillé 4h, ils veulent eux aussi procéder à une fouille, comme si ils voulaient prouver aux douaniers qu’ils étaient mauvais … Un policier monte dans notre fourgon et nous guide en banlieue de San Pedro dans un endroit organisé pour le contrôle. Nous nous rappelons que nous avons encore un sachet de coca datant de la visite de la mine à Potosi et lui donnons. Par chance, cette fois-ci la fouille se déroule à l’aide d’un chien. Le toutou toxicomane (selon Charlène) renifle le moindre cm carré du camion et ressort bredouille. Les policiers comprennent que nous sommes biens des cyclistes musiciens et deviennent beaucoup plus sympathiques. Ils nous laissent repartir en nous souhaitant bon voyage. Nous sommes libres !

Quelques instants plus tard, nous retrouvons le reste du groupe dans une auberge.

Ils nous accueillent avec une bière fraîche et nous leur racontons cette très longue journée autour d’un petit resto bien mérité.

 

Le jour le plus long est terminé !

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Licancabur coté chilien
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