Bolivie, San Juan – Laguna colorada en fourgon, l’hiver d’Ah Si Si Si

Le vendredi 10 Avril, Ah Si Si Si se réveille après une nuit glacée dans son campement sauvage près du village de San Juan. Les plus téméraires (Barbie, Marion et Eloi) se lèvent vers 5h30 pour observer le lever de soleil sur le salar. Paik se fait quelques souplesses à la trompette après un petit déjeuner rapide. Après quelques litres d’eau chaude versés sur le moteur pour l’aider à démarrer, nous décollons vers 8h pour une journée de fourgon plutôt chargée.

La matinée sera fournie en débats : faut-il ou non laisser ses déchets organiques (pelures de fruits et légumes) dans le désert ? Faut-il ou non faire confiance au GPS ? À la carte ? Quelle portion du Sud Lipez pourra t-on faire en vélo avec le temps imparti ? A la dernière question, notre responsable programme tranche : nous irons jusqu’à la Laguna Colorada en fourgon, puis nous roulerons en vélo jusqu’à San Pedro de Atacama avec une journée pour faire l’ascension du Licancabur (5960m). En effet, nous choisissons de passer au Chili depuis le sud Lipez, pour revenir en Bolivie par le Nord, car rouler sur les chemins du Sud Lipez devient risqué à long terme pour notre Sprinter chargé à bloc. Nous calculons aussi que faire un détour en distance par le Chili sera quand même plus court en temps en roulant sur de l’asphalte plutôt que sur de la tôle ondulée.

Le chemin ce matin là est d’ailleurs très « paumatoire », le GPS que mes parents m’ont prêté n’est pas bien à jour et ne montre que quelques-uns des chemins principaux de ce désert sans fin. Les 4×4 des locaux empruntent de multiples raccourcis et la signalisation est quasi inexistante. Finalement, nous optons pour l’association carte-GPS(pour la boussole)-et renseignement auprès des rares boliviens que l’on croisera sur le chemin. Cela ne nous empêchera pas de nous perdre plusieurs heures pendant la journée … Nous marquons une courte pause au village de San Juan pour acheter des vivres et 20 litres de diesel histoire de ne pas tomber en panne plus au sud…

Les paysages n’en sont pas moins magnifiques : volcans enneigés de toutes parts, séparés par de larges étendues de sel, une vieille voie ferrée reliant Potosi au Chili qui nous sert de repère à maintes reprises, des lamas en veux-tu en voila, des flamands roses volant en escadrille (escadron ? espadrille ?) vers les lagunes du sud, de petites autruches locales : les Nandous . L’observation de ces autruches vaudra d’ailleurs un débat animé entre Barbie, Viaduc, Abitbol et Paik. Barbie soutenait qu’un œuf d’autruche valait 30 œufs de poules. Après calculs d’ingénieurs en tout genre : Paik, Viaduc et Abitbol soutiennent qu’ils peuvent manger 30 œufs de poule en un repas … J’ai bien fait de la fermer sur ce coup là ; vous aurez la suite dans l’épisode «Ah Si Si Si à San Pedro de Atacama».

Le midi nous passons dans le village militaire de Chiguana, nous prenons un raccourci pour ne pas payer le bakchich de 10 Bolivianos, et passons la voie ferrée devant le Volcan Ollagüe. Après un pique nique avec du pâté Bolivie «merci-Paik», nous repartons sur un chemin en plutôt mauvais état. Ça passe mais il ne faudrait pas qu’il pleuve …

PS : Tout objet qualifié de « merci-Paik » dans Ah Si Si Si correspond à un objet acheté à un prix défiant toute concurrence, souvent de qualité médiocre et/ou de durée de vie limité.

Plus tard, nous nous perdons et persistons sur la route 5 vers le sud-est car la météo se dégrade et nous avons peur de prendre la neige. Nous roulons donc jusqu’à Villa Mar, dernier village sur la carte avant le Sud Lipez. Nous y trouvons une petit auberge pour la nuit. Pendant que la neige tombe à l’horizontale, Ah Si Si Si se fait une soupe, un loup garou, et se met au lit.

 

Le lendemain, la neige est tombé sur fourgon mais en quantité modérée. Nous avons peur pour la suite du chemin mais les Boliviens tenant l’auberge ont l’air confiant. Charlène se lève tôt pour tenter d’aller observer les peintures rupestres précolombiennes présentes sur les falaises autour de Villa Mar.

Au petit déjeuner, Déloi le fabuleux, ne voit pas plus loin que le bout de son nez et confond le sel et le sucre. C’est ballot dans le lait et les céréales… Ce n’est pas non plus le jour de Valéry, dit Abitbol (pour sa classe américaine). Il reviendra de la douche de l’auberge la queue (sale) entre les jambes. Sa peau d’une extrême finesse ne saurait supporter les températures glaciales de ces contrées montagnardes. Bon, OK, j’exagère un peu : les canalisations avaient gelé pendant la nuit … Après quelques difficultés, une fois de plus, pour démarrer le sprinter, nous partons avec comme objectif la Laguna Colorada.

Le chemin passe par un col de boue et de neige à 4700. Viaduc nous prouve une fois de plus que malgré son très jeune age, à La Pacaudière, on apprend tôt à passer les vitesses. Le chemin redescend vers la Laguna de Capina entourée de montagnes enneigées. Avec quelques éclaircies et un défilé de flamants roses dans le ciel, les paysages sont encore une fois au rendez-vous !

Nous mangeons peu après en bordure de l’étendue d’eau rendue blanche par ses concrétions de borates, d’ailleurs exploités par l’homme à grand coup de pelleteuse. Barbie ce midi là nous prépare de succulentes bananes plantain.

Encore 2 heures de chemin, et nous arrivons à la Laguna Colorada, celle-ci est rouge grâce à la présence de minéraux et d’algues particulières. Les flamands nous y attendent par centaines. Ils sont bientôt rejoints non pas par une flamande, mais par une haut-savoyarde probablement attirée par la forte odeur de surimi se dégageant de l’eau.

Ce soir là, nous décidons de dormir dans le « pueblito » de Hualla Jara, qui n’est en fait qu’un agglomérat d’auberges en léger surplomb de la Laguna Colorada.

Petite répétition, polenta aux légumes, et dodo bien mérité .

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Test des nouvelles couvertures boliviennes
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