Étape 6 – Une descente indécente

Nous nous réveillâmes de la Vieja estacíon engourdis par la flemme plus que par le froid. Nous préparâmes nos affaires et entamâmes la descente des Andes, qui nous menait 180 km plus loin à Mendoza. Sans nuage, plein de soleil et le vent dans le dos.

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Nous profitâmes de l’émerveillant spectacle que nous offraient les Andes, entraperçûmes le mont Anconcagua et ses presque sept mille mètres de haut. Difficile de tourner le regard des stries rouges, vertes bleues, dans tous les sens, parfois sèches, parfois charnues. Les oiseaux chantaient, les chiens errants erraient, tout était pour le mieux dans les dix mètres à la ronde.

Soudain je m’aperçus avec stupeur que j’avais oublié mon sac à dos dans l’auberge, quelques kilomètres en arrière, mais surtout plusieurs centaines de mètres en amont. Oh merde. Toutes mes affaires étaient dedans. Ça fit un peu la gueule, c’est vrai quoi, comment peut-on être aussi con ? Je vendis mon corps à un douanier, qui le revendit à un camionero argentin qui remontait en direction de la frontière. Je trouvai le responsable de l’auberge qui avait trouvé mon sac, soudoyai un couple d’allemands de passage pour retrouver les autres. Une heure perdue, mais pas le moral.

À peine les eus-je rejoint que nous comprimes que ce ne fut pas que littéralement que le le vent tournait. Fichtre, il allait aussi vite que nous. Le vent de face était rafraîchissant mais déstabilisant, et nous vîmes plus tard qu’il était éprouvant quand la route se faisait plus plate ou plus montante.

Alors qu’elle trouvait l’aventure trop calme, Charlène décida de nous offrir en queue de cortège, un spectacle chorégraphique son et lumière. Alors que les yeux dans le paysage, debout sur son monocycle elle relisait d’une main l’annuaire professionnel de Briançon, tout en exerçant son point de croix,  elle se laissa surprendre par une bourrasque et chuta, au grand étonnement de tous. BIM BAM BIMBELIN BOUM BRAK. AÏE PUTAIN FAIT CHIER. Feu les lunettes, le casque avait fait son office, le vélo égratigné, et la saxophoniste aussi. Le crâne, le menton, le bassin, les genoux, tout le monde en avait pris pour son compte. L’ambiance était festive. Oui mais c’était pas si pire, on pouvait continuer à pédaler.

Les montagnes devinrent plus escarpées mais offraient toujours un spectacle aussi saisissant. Nous nous rapprochions d’Uspallata, première après la frontière, tout de même 70km plus loin, sans bifurcation possible. Le vent qui s’était bien invité parmi nous et devint plus que pénible sur les quelques montées que nous rencontrâmes. Quand nous eûmes trouvé une auberge pour la nuit, nous décidâmes d’aller nous restaurer et changer un peu de monnaie par la même occasion. Nous nous rendîmes compte bien après que nous nous étions fait avoir sur le taux de change, par les argentins courtois et souriants qui nous avaient servis…

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Dans les chiffres, notre étape donne ceci :

Etape Puente del Inca (2700m) – Upsallata (1900m)
Type de route Nationale
Distance (km) 70
Denivelé montée 100 m
Denivelé descente 800 m
Difficulté Facile, c’est de la descente
Départ 11H
Arrivée 18H
Météo Beau temps au début, le vent dans le dos. Puis ça tourne…
Nb de chutes 1
Nb de problèmes techniques 0