Etape 7 : Camionero = Cabrón

Départ tardif d’Uspallata après un petit déjeuner frugal à l’Hospedaje et longue discussion avec la patronne à propos de notre itinéraire. En effet, deux routes pour Mendoza s’offrent à nous et le choix est cornélien. Nous pouvons soit emprunter la route départementale, longue de 105 km, mais au dénivelé en montée important (sur environ 40 km…) cette route nous semble plus tranquille et plus sûre d’un point de vue trafic, mais un peu désertique en ce qui concerne les hébergements possibles (sans assistance et sans les tentes, nous sommes contraints de rechercher des campings avec cabañas…). Notre deuxième itinéraire possible est long de 120 km, sur route nationale (Ruta 7 argentine) très fréquentée par de multiples véhicules sans foi ni loi. Le dénivelé est plus favorable (quasiment que de la descente, pas de col), et les hébergements possibles semblent plus nombreux. Malgré l’insécurité notoire de cet itinéraire, nous optons cependant pour celui-ci, qui nous paraît tout de même plus sûr vu notre petite forme et l’heure tardive (en fait la vraie raison c’est qu’il paraît qu’on peut kiter sur le lac à Potrerillos…)

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Fiche technique de l’étape :

Etape Uspallata – Potrerillos
Date Vendredi 19 décembre 2014
Conducteurs None / Sans assistance
Cyclistes Baptiste, Charlène, Eloi, Vincent
Type de route Route nationale argentine
Distance (km)
Denivelé montée
Denivelé descente
Difficulté Moyenne
Départ 11h
Arrivée 16h
Météo Très très beau, chaleur étouffante, vent de face
Nb de chutes 0, on est devenus prudents
Nb de problèmes techniques 0

 

La route tient ses promesses : elle est effectivement très dangereuse : d’une part, il n’y a plus de bande d’arrêt d’urgence où nous réfugier comme au Chili, et d’autre part, les camionneurs argentins sont particulièrement peu courtois au volant (oh le bel euphémisme !) : aucun ralentissement, aucune prise de distance pour nous doubler, ils se permettent même de se doubler entre eux sur une route assez étroite avec peu de visibilité.

Malgré le vent de face, la chaleur est étouffante et l’étape assez éprouvante (ma blessure au genou est devenue très douloureuse et handicapante). Malgré tout, nous maintenons un rythme satisfaisant grâce au dénivelé favorable et atteignons avec soulagement vers 16h, après 50 km de route, la localité de Potrerillos, située sur le Lago de Inca.

Malheureusement, point de kitesurf dans ce bled un peu paumé dans lequel la galère ne fait que commencer : sous un soleil accablant, nous sommes sans le sou (nous n’avons toujours pas pu réaliser de change pour avoir des pesos Argentins, et personne n’accepte nos euros ici… Pour couronner le tout, l’unique distributeur du patelin refuse toutes nos cartes bancaires françaises), et nous ne trouvons pas d’hébergement : pas de tentes à louer au camping, un peu miteux, cabañas hors de prix près de la station service. Enfin, nous n’avons pas de wifi ni de recharge de téléphone et sommes dans l’incapacité de communiquer avec l’autre moitié d’Ah si si si, de l’autre côté de la frontière chilienne…

Le moral est au plus bas, quand Eloi débloque la situation en trouvant une cabañas pas trop chère (dont le propriétaire accepte nos euros) à louer, avec piscine !! Au niveau du commissariat, nous captons le wifi qui nous manquait, et nous faisons quelques courses au supermarché pour la soirée.

Nous apprenons par mail les déboires des Santiagais : l’administration chilienne nous cause quelques ralentissements, et les papiers du véhicule ne seront disponibles que le 24 décembre (cadeau de Noël ? Ou pas…). L’autre moitié d’Ah si si si nous propose de revenir à Santiago pour que nous soyons de nouveau réunis au plus vite, pour partir jouer de la musique dans le sud du Chili en attendant le précieux sésame. Ce qui apparaît comme une bonne idée n’est pas une mince affaire pour nous : nous serions obligés de finir l’étape jusqu’à Mendoza (70 km) dès le lendemain pour reprendre un bus pour Santiago (à quelle heure?), sans savoir que faire de nos vélos… Nous décidons de tenter le coup, mais à l’impossible, nul n’est tenu…

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Paquetages a Uspallata
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