Etape 8 : On a traversé les Andes !! Aller + Retour…

J+3 après le schisme

En raison d’une grève générale des photographes et preneurs de vues, cet article sera entièrement non illustré.

Fiche technique de l’étape :

Etape

Potrerillos – Mendoza

Date

Samedi 20 décembre 2014

Conducteurs

None / Sans assistance

Cyclistes

Baptiste, Charlène, Eloi, Vincent

Type de route

Route nationale argentine – Camionero = Cabron

Distance (km)

70 km

Denivelé montée

~300 m

Denivelé descente

 ~1000 m

Difficulté

Moyenne

Départ

9h

Arrivée

16h

Météo

Très très beau, vent de face

Nb de chutes

0

Nb de problèmes techniques

0

Nous nous levons tôt en espérant éviter le plus possible la circulation des poids lourds qui nous a tant mis en danger la veille, et en souhaitant arriver à Mendoza le plus tôt possible pour anticiper sur le bus que nous devons prendre, ou sur l’hébergement que nous aurons à trouver si le retour au Chili est impossible (cf. article précédent pour le pouquoi du comment).

C’est peine perdue : les camionneurs semblent s’être tous donnés rendez-vous pour rouler à nos côtés, et très très près de nos côtes, et le minibus nous manque pour pouvoir sauter de telles étapes… Une américaine installée en Argentine nous dira plus tard que pour les Argentins, tout ce qui est sur la route et qui n’est pas derrière un volant est plus ou moins l’équivalent d’un chien. Nous bravons quand même courageusement (témérairement) nos 40 dernières kilomètres de route nationale, avant d’arriver dans la vallée de Mendoza ou le paysage s’applatit et laisse apparaître des vignes à perte de vue. Nous empruntons alors une petite route de vignes pour retrouver la piste cyclable de Lujan de Cuyo (mignonne bourgade de l’agglomération de Mendoza), et effectuons les 20 km restants en ville (là encore beaucoup de trafic) pour atteindre le centre ville (et tomber, presque comme par magie, directement sur le terminal de bus…)

Il existe, en été, une liaison régulière Mendoza – Santiago de nuit qui part à 22h30 de Mendoza. Nous souhaitons prendre ce bus, malheureusement les vélos ne peuvent être pris en charge qu’emballés dans du carton ou dans des grands sacs, malheureusement il est bien difficile de trouver de quoi emballer les vélos, d’autant que les commerces sont tous en train de fermer… Nous choisissons finalement de téléphoner à nos contacts de Mendoza, Stéphane et Elisabeth, couple de français qui nous a été recommandé par les amis de l’Ines Café à Santiago. Il était prévu que nous jouions pour animer une soirée dans leur établissement, le Monkey Hostel, mais en l’absence des autres membres du groupe cette soirée tombe à l’eau… Compréhensifs, ceux-ci acceptent de garder nos 4 vélos chez eux jusqu’à ce que nous revenions à Mendoza (si possible pour animer la soirée du 31 décembre !). Nous passons un bon moment en compagnie de Stéphane, à profiter de la piscine, et de son expérience en matière de vins et d’itinéraires en Amérique du Sud !

La nuit dans le bus s’avérera beaucoup moins agréable : la route parcourue à vélo est beaucoup moins drôle de nuit dans le fond d’un bus plein roulant à tombeau ouvert, même si les sièges sont inclinables. Le passage de la frontière, sous la neige et à 1h du matin, est particulièrement crispant, et le protocole est assez strict : les autorités chiliennes vérifient tous nos bagages aux rayons X pour ne laisser rentrer aucun organisme vivant susceptible de mettre en danger leur biodiversité… Nous sommes assez fiers d’arriver dans le hangar en finissant nos trognons de pomme, mais la mine patibulaire mais presque de Corinne et les ordres cassants de Francis nous refroidissent un peu. Après 2h de pied de grue et paperasse dans le hangar (déjà 4 visas dans nos passeports !), nous pouvons repartir. Le chauffeur du camion nous offre des gâteaux et du coca pour faire pardonner la brusquerie de ses compatriotes, et gratifie Vincent de deux ou trois commentaires bien sentis sur, justement, son odeur… Malgré la douche chez Stéphane, on cocotte un peu dans nos habits de 4 jours ! Arrivée à Santiago sans encombres à 5h du matin, taxi pour rejoindre l’appartement d’Isabella, la prolixe fleuriste de l’Ines Café, qui nous dépannera pour cette fin de nuit. On se couche complètement vannés, mais heureux de trouver autant d’aide et de sympathie sur notre route !