Ingleses. Dimanche 8. 4h du matin.

Le gardien du camping n’est pas là. Pas un bruit, notre camion est à l’extérieur. Ce bougre voulait nous faire jouer à l’entrée la veille puis a divisé le prix convenu par deux au dernier moment. Et ça nous l’avions bien retenu. Nous décidons de tenter quelque chose d’inédit jusqu’alors : partir sans payer. Nous nous garons un peu plus loin dans la rue et mettons notre stratégie au point. 2 organisent le rangement du camion pour y accueillir vélos, tentes et bagages. Le but étant de faire vite, silencieusement et avec le moins d’allers-retours possible. Le loup, la chèvre et le chou vous connaissez ? Bon. Et bien nous avons échoué.

Nous sommes réveillés sur la plage Mozambique par l’odeur de barbecue ambiante. 13h. L’étape suivante nous emmène vers la ville de Parati située à 250 km au sud-ouest de Rio de Janeiro. Mais nous ne sommes pas pressés et décidons de pic-niquer sur place et de profiter de la plage. Vers 18h on prend nos bicyclettes pour aller le plus au sud de l’île possible. Pour voir. Nous y arrivons à la tombée de la nuit et les camioneros ayant bien préparé le terrain, nous avons un petit bout d’herbe où nous pouvons tranquillement nous installer et planter les tentes. La soirée est courte, demain randonnée départ 6h dans l’espoir de trouver une cascade non loin de là. Rochers, moules, plages, crustacés, dauphins, jungle, oiseaux et araignées. Piqûres de fourmis pour Barbie et Viaduc mais pas de cascade. Nous partons vers midi fiers de notre escapade, passons par Florianopolis, puis directement au nord vers Parati.

Nous effectuons ce que nous appelons une « manche attentat » à Curutiba, ville par laquelle nous passons à la bonne heure et suffisamment peuplée pour être rentable financièrement. Pas mal même si c’est une fois de plus la pluie qui nous déloge. Nous reprenons la longue route qui nous sépare encore de Parati et y arrivons le lendemain début de soirée. Manche salvatrice durant laquelle nous pouvons mettre davantage d’argent de côté pour Rio, obtenons un contrat pour le lendemain dans un restaurant français et par la même occasion retrouvons mon père Régis, en vacances pour le carnaval et de passage à Parati. Je suis ravi et remercie chaleureusement le trio de françaises rencontré après le concert de l’avoir réveillé : Alice, Margaux et Chloé.

Parati, ville connue pour son magnifique quartier colonial. Maisons blanches et pavage à grosses pierres portugaises. Paraît-il que les colons lestaient les cales des bateaux avec des pierres, déposaient celles-ci là où ils accostaient et repartaient avec de l’or. Sympas ces types là. Cailloux gris contre cailloux jaunes. Nous sommes amicalement reçus par le patron du restaurant français et nous régalons des mets qu’il nous offre. Filet mignon au roquefort (gorgonzola uruguayen en fait), calamars frits, saucisses grillés aux herbes, croquettes de poisson, frites, salade. La journée du lendemain nous emmène à Rio où il nous faudra garer le camion en sécurité – dans une résidence très calme en son agglomération, avec gardien et accord d’une habitante – puis prendre le bus et rejoindre nos couch-surfing respectifs. Viaduc, Éloi, Barbie et moi, nous partageons une part de pizza avec Catherine, une tromboniste de Rio et hispanophone. Puis dodo. Cette semaine à Rio s’apprête à être folle !

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