Lima : ville de brouillard et de police municipale.  

Après tout ce temps dans la montagne, nous arrivons à une heure bien tardive à Lima.

On se dirige vers le quartier Miraflores en quête d’un hôtel pour passer la nuit. On en trouve un un peu cher pour passer la première nuit, mais pas de parking surveillé à cette heure-ci. Du coup Paik et moi dormons dans le camion garé devant l’hôtel. Le lendemain matin, nous petit déjeunons en pleine rue « au cul du camion » sous les regards soupçonneux d’un policier en patrouille. Là-dessus, nos copains Maxime, Hector et Marcellin (désolé pour les prénoms), ceux qu’on avait croisé au pied du Likan Kabour et à Cusco, passent par là complètement par hasard. Ils viennent nous saluer (c’est beau le tourisme « lonely planet » : on recroise toujours les mêmes touristes !). Hector vient de se faire le marathon de Lima le bougre et il est bien crevé.

Nous partons alors à la recherche d’un hôtel moins cher pour dormir, d’un parking, et surtout d’endroits propices pour faire un peu de fanfare. Eh oui, c’est bien beau de faire du vélo et d’aller visiter les ruines incas, mais avec tout ça la comptabilité est ARCHI-DANS-LE-ROUGE !!! D’autant plus qu’après deux semaines sans batteur, il nous tarde de retrouver les sensations qu’offrent le spectacle de rue. On se dirige vers le centre historique de Lima, on trouve un parking à 25 soles par jour et un hôtel à 120 soles la nuit pour 7. C’est très cher par rapport à ce qu’on connaissait dans le reste du pays, mais peu cher par rapport à tout ce qu’on voit ici sur place. Là dessus notre cher batteur rentre du Brésil où il a passé de bonnes vacances. Et nous voilà en quête d’un coin de rue alléchant pour aller se dégourdir les lèvres en public.

Quelle entreprise est-ce là ! Rapidement, nous nous apercevons que les policiers sont partout. Après nous avoir dit une première fois qu’on ne pouvait pas jouer dans tout le périmètre du centre historique, ils nous traquaient littéralement. Quand un agent nous aperçoit, il porte directement son talkie-walkie à la bouche pour lancer une alerte. Après quelques tentatives on essaye d’aller jouer là où les flics nous disent qu’on peut : sur les quais dans des sortes d’amphithéâtres prévus pour les artistes de rue. Juste le temps de sortir les instruments qu’une autre sorte de flics nous déloge. On leur dit « mais vos collègues nous ont dit qu’ici on pouvait jouer » Ils nous répondent « oui mais il vous faut une autorisation, vous allez à la mairie, c’est rapide et simple à obtenir »… on le connaît ce refrain. Finalement, en s’éloignant un peu du centre ville, on finit par trouver un endroit d’où on ne voit pas d’agents, et on commence à faire un set pour un public épars. 10 minutes après, les lumières d’un gyrophare viennent saper notre optimisme. Deux chansons plus tard, le show s’arrête. Le public, peu nombreux mais enthousiaste s’indigne un peu et nous explique qu’avec la maire d’avant c’était un peu mieux mais que maintenant il n’y a plus d’artistes dans la rue. On va manger puis on décide d’aller essayer de jouer à Miraflores. Après une heure et demi de bouchons, on y arrive, on commence à jouer puis on se fait rerererevirer par les flics. Allez on va se coucher.

Le lendemain, Charlène et Eloi partent en quête d’une autorisation, pour finalement obtenir tout un tas d’informations contradictoires et un papier de « solicitud de autorisacion ». Un flic leur soutient même qu’il n’y a pas besoin d’autorisation pour jouer dans ces petits amphithéâtres.

Le soir, avec ce papier inutile et fort de ce dernier renseignement, nous retournons jouer à cet endroit. Pas de problème avec les flics, mais nous repartons quand même déçus par un public peu nombreux, peu enthousiaste et radin. Décidément, Lima n’est pas une ville pour la musique de rue. On décide de retenter à un autre endroit le lendemain matin. Ce genre de situation est très fatigante pour les nerfs, et on a bien besoin de se détendre ce soir. Du coup on se fait une petite soirée cinéphile. Mad Max au ciné pour les uns, ça au moins ça calme les nerfs, quelques films sur l’ordi à l’hôtel pour les autres.

Le lendemain matin, on part en exploration en quête d’un endroit moins hostile pour jouer, pour finalement s’apercevoir que les flics sont partout et hostiles à la musique. Du coup on s’en va à midi vers le sud.

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sympa comme coin pour le pique-niaue hein ?
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