Lundi 23, Mardi 24 & Mercredi 25 : La Quiaca & Yavi

Lundi, c’est le départ. Il s’agit de faire un saut plus au nord, à deux pas de la frontière bolivienne, à La Quiaca, dernière ville argentine. Celle-ci est située à plus de 5000 km au nord d’Ushuaïa, c’est dire l’immensité du pays ! Mis à part ces constats géographiques, rien d’extraordinaire. La ville est quelconque, et, qui plus est, en sommeil pour cause de jour férié. En effet, nous ne l’avions pas prévu mais le mardi 24 mars est férié en Argentine, et tout le monde fait le pont ! Nous ne parvenons donc pas à acheter du gaz, ni à faire quoi que ce soit, à part quémander des cagettes sur le marché pour constituer un stock de bois de cuisine. Nous prenons donc la route de Yavi, un charmant petit village situé à une quinzaine de kilomètres à l’est. Là, nous trouvons un endroit idéal pour camper, à quelques épines près. Je m’explique. Le lieu est situé au bas d’une descente bordée de buissons aux épines acérées et dépassant sur la route… Ca sent la mauvaise idée, les tocards auraient-ils frappés ? Nous le saurons plus tard. Toujours est-il que la descente s’est plutôt bien passée, à quelques piqures près pour les vaillants qui ont donné de leur personne pour tenir les épines hors de portée des fragiles pneus du camion.
Une fois en place, nous nous installons et visitons un peu l’endroit. C’est l’occasion de rammasser en peu de bois mort proche du lit de la rivière toute proche. Ensuite, une répétition s’organise, pendant que Valéry s’occupe d’allummer un feu et de lancer la cuisine. Nous passerons donc la soirée au coin du feu, abrités dans une sorte de petite grotte nous protégeant de la pluie.

Mardi, jour férié pour les argentins mais pas pour nos sportifs ! En effet, une étape de vélo est prévue dans les environs afin de profiter un peu des paysages. Avant cela, il s’agit de se sortir de notre trou à épines. Ceci sera laborieux mais finalement sans incident pour notre camion. Ouf ! Ensuite, une petite révision des vélos s’impose : graissage de chaîne, réglage de dérailleur, réparation de crevaisons lentes, etc… Au bout d’une bonne heure, nous (Baptiste, Camille, Charlène & Vincent) voilà près à partir pédaler, tandis que les camioneros (Eloi, Nicolas & Valéry) ont pour objectif de passer la frontière pour changer quelques euros (et oui, les fins de mois sont difficiles, et les taux meilleurs en Bolivie) et tenter de trouver du gaz. Leur mission première sera accomplie, mais pas la seconde.
De leur côté, les cyclistes prennent le temps de visiter la petite église de Yavi, avant de prendre le chemin de Yavi Chico, village un peu plus au nord. L’endroit est vite atteint. On n’en profitera pas beaucoup car l’orage menace et la pluie commence à tomber, accompagnée de quelques grêlons… Nous rebroussons chemin. Le temps se dégage peu avant notre retour à Yavi. Là, nous prenons la route suivie la veille pour rallier La Quiaca. Celle-ci est droite, en prise au vent. Pas très intéressant pour nous. Néammoins, nous terminons notre effort et rejoignons La Quiaca. Rapidement, nous trouvons le lieu de rendez-vous, à savoir le camping de la ville, censé être gratuit. Finalement, il n’est ni accueillant ni gratuit, et ressemble plutôt à une déchetterie ou à un terrain vague. Nous attendons donc nos chers camioneros un peu plus loin. Ils finiront par nous rejoindre deux bonnes heures plus tard. Alors, nous décidons de retourner à Yavi, là où un camping (sans épines cette fois) nous attend !

Mercredi, une fois passés les jours fériés, nous passons la journée à La Quiaca. L’objectif est simple : tout préparer pour passer les 5 jours à venir, en autonomie, à vélo. Il s’agit donc de trouver du gaz, publier quelques articles en utilisant les médiocres connexions internet disponibles, faire quelques courses, et de passer voir un mécano. En effet, comme d’habitude, un bruit bizarre a fini par faire son apparition et laisse penser qu’un nouvel injecteur connaît une panne.
Toutes les missions seront réalisées, la plus difficile étant celle du garage. Celui-ci a été trouvé au beau milieu de la zone. De loin, il ressemble un peu à une casse, ou une décharge… Enfin, l’essentiel reste qu’après 2 heures d’acharnement, le mécanicien parvient à régler, non sans mal, le problème. On a eu chaud mais c’est reparti pour un tour. Ainsi, nous revoilà sur les routes, à la tombée de la nuit, en direction de l’Est. Nous stoppons à proximité d’un village et installons le campement. Qu’il est bon d’avoir à nouveau du gaz ! Il fait froid et nous sortons des sacs nos plus grosses pelures…

P1070660.resized
« 1 de 24 »