Mendoza

Après avoir avalé les 24H de route entre Pucon et Mendoza, nous arrivons exténués, et nous nous attelons tous ensemble à une bonne grosse sieste. 24 heures, en comptant quelques pauses pour acheter des pièces pour le fourgon, manger une salade des restes de légumes que nous n’aurions pas pu passer à la douane argentine, réparer des durites avec des rustines de vélo, enfin palpiter un peu au son des tampons de la douane.

Nous voici au Monkey Hostel, tenu par Élisabeth et Stéphane, que nous avions laissés là dix jours plus tôt. Situé en plein centre touristique de Mendoza, on y apprécie le petit jardin intérieur, la proximité avec les rues passantes pour jouer, et les parcs pour répéter. On y apprécie aussi en libre service au petit déjeuner le « dulche de leche », la confiture de lait est une des spécialité du coin. Ça ne fait tout de même pas l’unanimité au sein d’¡Ah si si si!, certains la taxant avec mauvaise foi de pâte à la con trop sucrée. Passons. Il y a aussi le bar dans le fond du jardin, que nous animons à trois reprises.

IMG_4154Peu de monde à l’hostel en ce soir de réveillon, et peu d’énergie de notre part. Notre sieste n’a pas réussi à compenser la route que nous avons faite. L’ambiance est quand même chaleureuse et le repas est bienvenu. Il y a plus de monde aux deux autres concerts que nous faisons pour le Monkey Hostel, cette fois avec nos hôtes. On joue dans la rue pour attirer un peu de monde, et on rencontre quelques musiciens du philharmonique du coin. Après avoir négocié avec l’hostel, on se cantonne à 7 dans une chambre pour 4, mais on ne paye que 4 places les soirs où on ne joue pas.

On trouve un moment dans la semaine pour aller visiter une bodega, à quelques kilomètres de Mendoza, sur les conseils de Stéphane et Élisabeth. Cette journée qui devait être l’étape sportive de la semaine s’est avérée être plus une étape gustative.

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Nous répétons beaucoup en début de semaine sur la plaza Independencia, sous les regards curieux des passants. On en profite pour peaufiner notre jeu de scène, faire des transitions en faisant interagir le public et par la même occasion prendre des temps de pause pour nos lèvres. On met au point War, d’Hypnotic Brass Ensemble (gracieusement prêté par le Babel Brass Band, fanfare sans frontière 2013), et nous attaquons à S.H.M. des Brasshoppers.

Dans la rue ça se passe bien. La police et les commerçants ne nous ont jamais interrompu, au contraire. On nous dit plus tard que c’est nouveau pour Mendoza, qu’un an avant il était impossible de jouer dans la rue sans se faire confisquer les instruments. Nous jouons les premiers jours dans la grande rue piétonne pavée de restaurants. Le matin nous nous rendons dans un quartier un peu plus populaire pour jouer, et y faisons les meilleures manches de la semaine. Tout le monde veut se faire prendre en photo avec nous. Le public nous donne rapidement beaucoup de contacts de bars, restaurants pour aller jouer. Mais les choses ici ne sont pas si simples, un numéro sur deux est erroné, et un bar sur deux n’existe pas (il y a aussi des fausses cartes de visite !! – Des tocartes).

Qu’importe, dans le lot nous rencontrons Biciswing, un groupe de swing local avec un logo étonnamment proche du notre (mais eux ne font pas de vélo). Mardi soir nous sommes invités par Biciswing à un asado (un barbeuk quoi) et nous entassons à 8 dans une clio, avec tous nos instruments, pour nous y rendre. La soirée est bonne, et les musiciens aussi, bordel ! On nous donne l’adresse d’un bar, le « Rumbo perdido », pour lequel nous pourrions jouer. Nous les démarchons et organisons un concert pour le vendredi 9, et invitons Biciswing à venir jouer avec nous. L’immense bar met du temps à se remplir mais se remplit sûrement. Il doit bien y avoir 400 personnes quand nous commençons à jouer. Nous jouons amplifiés, une première, devant un public déchaîné.

biciswingNous rencontrons aussi dans la rue los Fandango, un groupe de « punk traditionnel New Orleans » de Buenos Aires. Ils font une étape à Mendoza en se rendant à Santiago, et nous invitent à voir leur concert un peu plus tard dans la soirée. Nous nous y rendons, mais trop tard pour les voir. Cela nous donne tout de même l’occasion de faire connaissance, d’échanger les noms de quelques groupes de musique, et de nous faire inviter chez eux lors de notre passage prochain à Buenos Aires.

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Nous partons dimanche en direction de Mercedes, en Uruguay, pour le festival « Jazz en la Calle », s’en suivront Montevidéo et Buenos Aires.
À bientôt !