Mercedes y jazz a la calle

Ou plutôt « chazz a la cache » comme ils disent tous dans le coin. Ici tous les « ll » se prononcent « ch ». « ¿ Como te chamas ? » « ¿ Cuando chegaban ? » Faut s’y faire.

Vous me pardonnerez, au détour de cette parenthèse linguistique, mon peu de verbe ces temps-ci, justement. Mais depuis que nous avons quitté Mendoza nous n’avons pas pu avoir internet suffisamment longtemps pour que je vous donne des nouvelles. Je m’explique.

Dimanche 11 janvier, nous nous mettons en route en direction de l’Uruguay. Les sept conducteurs ont leur tour de conduite sur cette immense ligne droite de 1200 km, permettant aux autres de dormir tant bien que mal sur les banquettes du camion. Le passage de douane est près du fleuve et grouille d’insectes en tous genres, de papillons et des moustiques dans tous les sens, mais aussi d’énormes cafard qui se déplacent en famille. Après avoir obtenu un nouveau tampon dans notre collection, nous arrivons au petit jour dans un camping de Mercedes, situé sur une île du fleuve.

À Mercedes nous retrouvons Benoit, un français que nous avions rencontré à Mendoza et qui nous avait fait de belles photos. C’est aussi lui qui nous avait parlé de ce festival. Il a des amis dans la ville chez qui nous allons déposer nos affaires, pour ne laisser que le minimum dans le camion. Le festival attire de nombreux musiciens, notamment pour le jam nocturne. En répétant l’après-midi à deux ou trois, on se fait vite aborder par des passants qui viennent jouer un peu avec nous. Le soir venu nous allons en ville voir les concerts, les instruments sur le dos. Les scènes sont variées mais dans l’ensemble c’est très pro et très propre. On ne sait pas si on a tellement notre place ici, avec notre musique de rue. Nous jouons tout de même un peu sur les quais après les concerts, et rencontrons étonnamment notre public, nombreux et chaleureux. On tape dans l’œil des organisateurs qui nous invitent à jouer sur scène le lendemain. On apprend qu’avec un peu de prospection on aurait pu être programmés plus officiellement. C’est pas bien grave. On finit notre soirée à écouter le jam, et à jouer aux échecs ( les joueurs y sont nombreux ) en causant espagnol, français et anglais.

Mauvaise surprise le lendemain matin, la pluie est bien tombée pendant la nuit, il faut déplacer les tentes que nous avons intelligemment installées dans des crevasses (Los Teoporos, Budapest, souviens-toi). Heureusement les affaires ne sont pas mouillées. Le niveau de l’eau est tout de même bien monté, et devient menaçant pour la petite île sur laquelle nous sommes. Le pont qui la relie à la ville peine un peu à se sortir de l’eau. On nous fait signe vers 18H qu’il faudra peut-être quitter l’île, ou peut-être pas. Enfin personne ne sait mais il y a un risque. Sachant que nous devons aller jouer en ville, et que personne ne nous tiendrait donc au courant, nous décidons de lever le camp. On apprends plus tard dans la soirée que l’organisation du festival a un logement pour nous, justement. Les intempéries ont tout de même bousculé le programme, et la scène en plein air ne sera pas utilisée ce soir. Les concerts se déroulent dans un théâtre un peu plus haut en ville. Un peu oubliés par l’organisation, notre mobilité nous permet de jouer devant le théâtre avant que les concerts ne commencent. Comme la veille, nous partons voir les concerts et jouer aux échec au jam.

DSC_0011Le lendemain nous devons attaquer une des trois étapes de vélo qui doivent relier Mercedes à Colonia, une ville côtière plus au sud, de laquelle nous pourrons prendre le bâteau pour Buenos Aires. Nous avons tout de même une petite surprise au réveil. Nous sommes six, Duracell est introuvable et injoignable, et personne ne sait trop comment il a fini sa soirée. Suite au prochain épisode.

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