Pérou, Cuzco : Plongée dans l’Histoire et la folie touristique

Arrivés à Cuzco, on a trois jours pour se faire un maximum de thunes. Notre chère responsable programme nous a en effet aménagé une semaine de vacances du 6 au 12. On commence donc par jouer sur la place San Cristobal en fin de matinée. Bon accueil du public, très diversifié : des péruviens bien sûr, mais aussi tout plein de touristes accourus des quatre coins du monde pour visiter Cuzco et le Macchu Picchu. Public un peu moins chaud qu’en Bolivie, mais bien sympa, le soleil aidant. Faut dire que trois d’entre nous, ayant peu dormi la nuit, ne faisaient pas trop les malins. Là dessus, on se fait un bon petit repas au comedor du marché. On s’était déjà bien habitué à ce type de repas en Bolivie, vu que c’est la solution économique, rapide, bonne et saine. Ici c’est la même chose mais en meilleur. Pour 4 soles (un peu plus d’un euro), on a un repas complet, avec soupe, plat et boisson chaude. Si on met 10 soles on peut se péter le ventre avec de la tête de lama par exemple. Les fruits aussi valent le détour !

L’après-midi, on a réunion de préparation du mois prochain. En effet pas mal de choses doivent se préparer à l’avance : on veut enregistrer un disque, vendre le camion et les vélos, se louer un appart si possible, faire des concerts avec nos potes de là-bas, faire le montage et l’impression du DVD… On se fait donc notre réunion à l’hotel, avec vue imprenable sur tout cuzco. Puis on repart jouer dans la rue. Quasi au même endroit que le matin, calle Marques, on refait un bon set avant d’aller jouer dans un bar, le Ukuku’s. L’équipe du bar, un peu surpise de nous voir arriver (ça avait été convenu la veille au soir à une heure légèrement plus tardive), accepte de nous laisser jouer. Ici le public est bien plus animé que dans la rue, comme à chaque fois dans les bars. Beaucoup nous achètent notre disque et on s’en tire à bon compte. Le groupe suivant, Amaru Pumac Kuntur, nous offre un beau spectacle aussi. Ils jouent un mélange de rock, de traditionnel andin, de reggae, le tout avec des paroles engagées sur la culture andine, les médecines douces de la forêt… on sympathise rapidement avec eux avant d’aller se coucher.

Fort de cette journée fructueuse, on décide de refaire la même le lendemain. La police municipale n’est pas du même avis. Après environ 20 minutes de jeu et une première sommation par une policière, une dizaine d’agents encadrés par deux mec pas commodes en costard nous font arrêter de jouer. Ils nous menacent même de prévenir les services de l’immigration pour vérifier que nous avons bien des visas de travail. Dommage car le public était nombreux, le soleil au beau fixe, les disques partaient comme des petits pains. Nous partons un tantinet dégoûtés sous les applaudissement du public. Certains policiers et des gens du public nous disent qu’on peut obtenir des autorisations auprès des services municipaux.

S’en suit pour Habitbol et moi-même un parcours d’au moins une heure entre différents services de la mairie. Tous se renvoient la balle en nous expliquant que ce n’est pas à eux qu’il faut s’adresser pour ce type d’autorisation, pour finalement nous entendre dire par un #/**¡?! bien planqué derrière son bureau que ce type d’autorisation n’existe pas, et qu’il faut aller demander au maire. Quand on voit à quel point les gens dans la rue apprécient ce qu’on fait, savoir de quel genre de type émanent les interdictions de jouer dans la rue m’attriste beaucoup. D’autant que maintenant la municipale a notre signalement et a ordre de nous surveiller. On a l’impression que même eux le font à contre-coeur. Mais bon les ordres sont les ordres.

Sur ces entrefaits, on va répeter un peu à l’écart du centre-ville, puis on va visiter les vestiges de Saqsaywaman, qui surplombent la ville. C’est (ou plutôt ce fut) une sorte de grande forteresse et/ou temple inca, bâtie avec des blocs de pierre dont certains font plusieurs dizaines de tonnes, taillées et assemblées au quart de poil près. Les remparts sont en forme de dents de puma, vous m’en direz tant. Sur le site il y a plein d’autres vestiges, comme des carrières d’où étaient extraites ces pierres, une sorte d’arène, des toboggans naturels sur lesquels on s’est amusé comme des petits fous, des lamas. Bref de quoi s’occuper toute la fin d’après-midi.

Il y aurait tant de choses à dire sur cette ville de Cusco, capitale de l’empire inca, puis centre névralgique de l’empire espagnol, où ces deux cultures se côtoient, s’entremèlent et se déchirent… mais bon là j’ai la flemme, vous n’avez qu’à venir visiter par vous-mêmes.

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Vue du couloir de l'hôtel
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