Pérou, étape 3 : Luricocha-Anco : Début de la vallée encaissée du Rio Mantaro  

Au réveil, Baptiste a mal dormi : il a vomi dans la nuit et a un début de diarrhée comme la mienne, mousseuse avec rots à l’œuf pourri en prime. Hop, antibio pour lui aussi. Et Paik a une digestion difficile aussi. Faudrait peut-être qu’on arrête le laxisme sur l’appréciation de la potabilité de l’eau dans ce pays… En tout cas aujourd’hui ces deux mousseux-du-cul seront nos camioneros, et le camion sera rebaptisé « La Mousse-Mobile ».

 

Bref, de nouveau, nous petit-déjeunons au milieu des épines, puis nous enfourchons nos fidèles destriers. Au début, nous finissons la piste en descente forte jusqu’au fond de la vallée. S’ensuit une toute nouvelle route asphaltée qui longe une rivière vers l’aval. Au bout d’un moment, nous nous apercevons que la rivière que nous suivons ne va plus dans le même sens. C’est à partir de là que commence la remontée de la vallée du Rio Mantaro. On cherche du pain pour compléter notre pique-nique. La chose paraissait facile d’un premier abord, vu que tous les commerçants nous disaient qu’on en trouverait « justo arriba no mas » (juste au dessus). Finalement, ça se solde par un échec. Il faut croire que soit c’est pas le bon endroit, soit on ne s’y prend pas au bon moment. Rien de grave, on pique-niquera des galletitas (ces sortes de biscuits secs qui remplacent le pain quand il vient à manquer).

Étape Luricocha-Anco
Date vendredi 15 mai
Conducteurs Creutz, Paik
Cyclistes Éloi, Barbie, Viaduc, Charlène
Type de route un peu de piste, puis asphalte neuf, puis route asphaltée étroite
Distance (km) 65
Dénivelé montée +500 environ
Dénivelé descente -300 environ
Difficulté moyen
Départ 8h
Arrivée 13h
Météo un peu gris, peu de vent, belles éclaircies
Altitude 2200-2600 et quelques
Nb de chutes 0
Nb de problèmes techniques 0

La suite du trajet est marquée par un long débat sur l’écologie. La question était de savoir si on pourrait un jour ne produire plus que des biens qui ne puissent pas se retrouver dans la nature et la polluer. La route passe donc assez vite. On a quand même le temps d’admirer des magnifiques paysages, dignes des manuels de géologie les mieux imagés, ou encore des manuels de botanique des cactus.

En arrivant à Anco, une paire de kilomètres avant l’arrivée, on demande si c’est encore loin à des locaux, ce qui provoque un énorme attroupement autour de nous. Les gens ne peuvent pas répondre à notre question car le lieux-dit auquel nous faisons référence n’existe manifestement pas à part sur notre GPS, mais ils nous posent quand à eux les questions habituelles : vous venez d’où, et surtout combien vous vendez vos vélos ? Puis on finit par se dire : on s’en fout de la distance qu’il reste, de toute façon y’a qu’une seule route.

Un ou deux kilomères plus loin, les camioneros nous ont installé une petite pancarte nous indiquant l’endroit où ils sont en train de régler leurs comptes avec leur ventre respectif. C’est un charmant petit coin en surplomb de la rivière, sauf qu’il y a une décharge à environ 20m de là. Là où ça pose problème c’est que les mouches envahissent le camion par centaines. Finalement, après un petit bain dans la rivière et une bonne répète de deux heures, on abdique et on va se trouver un autre endroit à 500m en dessous, dans un début de chemin qui descend vers la rivière. On se fait un Saint-Marcellin, deux trois goulées de Cointreau et de Ricard, le reste de polenta et du riz blanc pour les mousseux-du-cul, puis dodo. On commence à prendre le rythme où on se lève au petit jour et on se couche peu après le coucher du soleil. Ça nous fait des nuits de 9h, pas mal après le vélo, et nous décale (ou nous recale) bien par rapport à notre rythme de Cuzco.

IMG_4243.resized
Alors paok, ça mousse ?
« 1 de 11 »