Pérou, Etape de vélo n°7, Pisco-parc de Paracas, L’étape la plus moche

Le lendemain matin, nous voilà en route pour une étape de vélo mémorable. Mémorable car elle a sûrement été la plus moche de tout le voyage, du moins la première partie. Nous partons vers 9-10h du centre ville. Nous arrivons rapidement sur le front de mer. Ici on a l’impression que le lieu fut bien aménagé, beau, repeint il n’y a pas si longtemps, mais que quelque-chose est arrivé entre temps qui a ravagé beaucoup de choses. En effet en 2007 un séisme a secoué le coin, et a laissé beaucoup de marques. Les séquelles sont encore visibles un peu partout. On longe alors la mer vers la presqu’île de Paracas. La route au bord de la mer nous offre un paysage des plus moches : à gauche, des hauts murs surmontés de barbelés, des installations pétrochimiques en fond ; à droite de la route, une plage de gravats et de tas de guano puis la mer. Un peu plus loin sur la mer, des gros tankers et d’énormes chalutiers. Les odeurs, tantôt de poubelle, tantôt de cadavres de je ne sais quel lion de mer ou chien crevé, viennent s’ajouter à l’intensité de la mocheté du site. Heureusement, pour rattraper tout ça, nous apercevons au loin un énorme vol d’oiseaux au dessus de la mer, aussi gros qu’un nuage, et sous ce gros nuage sombre, une pluie d’oiseux qui plongent pour chasser le poisson. Spectacle insolite et impressionnant ! Mais vite terminé car juste après, entre l’océan et nous, voilà les usines de farines de poisson. Non seulement elles nous bouchent la vue, mais les narines aussi en prennent pour leur grade. Deux ou trois kilomètres d’usines plus loin, le paysage visuel et olfactif se dégage. Je rejoins Creutz, Viaduc et Paik, se reposant sur les marches d’un hôtel, et nous attendons la retardataire Charlène. Seulement au bout d’une demi-heure d’attente, on commence à se demander ce qu’elle fout ! A-t-elle crevé, est-elle morte asphyxiée, s’est-elle fait enlever ? Toutes ces questions se bousculent dans nos petites têtes. Avec Paik, on prend notre courage à deux mains et on se retape toute la route en bordure d’usines de poissons aller-retour, sans trouver trace de la disparue. Les camioneros nous rattrapent, on part de nouveau à la recherche de la débile, puis on commence à mener les recherches plus loin sur la route. Finalement on la retrouve. On ne sait comment, elle était passé sous nos yeux sans nous voir ni être vue, et ça fait 2 heures qu’elle nous cherche plus loin sur la route.

 

Étape Pisco-Réserve naturelle de Paracas
Date samedi 23 mai
Conducteurs Eloi, Abitbol
Cyclistes Paik, Viaduc, Creutz, Barbie, Charlène
Type de route Asphalte, bon puis mauvais
Distance (km) 25
Dénivelé montée +100
Dénivelé descente -100
Difficulté facile (sans compter le vent de face à la fin) mais moche
Départ 9h
Arrivée 16h
Météo Beau, fort vent de face à la fin
Altitude 0 et quelques
Nb de chutes 0
Nb de problèmes techniques 0

Après ces retrouvailles, on continue notre chemin. On pénètre alors dans le désert aride qui constitue le parc naturel de Paracas. La route est assez plate, mais le vent, de face, est violent. On nous avait dit « y’a plein d’animaux à observer » et on se retrouve devant du sable et des rochers. On s’arrête au musée du parc pour en savoir plus, et il s’avère que la richesse du parc est dans le nombre et la variété de ses oiseaux marins et de ses fonds sous-marins. Nous nous dirigeons donc vers une plage au sud de la presqu’île, toujours à lutter contre un vent de face fort et poussiéreux. Mais le jeu en valait la chandelle. On arrive face à l’océan, surmonté de petites falaises colorées tantôt par les minéraux rouges du coin, tantôt par le guano blanc. On y voit des pélicans, des touristes français qui ont cassé leur chaîne de vélo (que Paik se fait une joie de réparer), des fous de bassan (ou un truc du style), des mouettes, goélands, huîtriers et autres oiseaux. On pose les tentes, on se fait une bonne casserole de pâtes, et hop au dodo.

P1100274 (Medium)
Jésus se présente aux municipales
« 1 de 14 »