Pérou, étape de vélo n°8, Chivay-Cabanaconde : fêter la patate ou faire du vélo ? Telle est la question

C’est ainsi que le lendemain matin, nous voilà attablés autour d’un bon petit dèj (ce qu’elle ne nous avait pas dit la bougresse, c’est qu’on le payerait comme tout le monde notre petit dèj, mais bon elle était sympa quand même). Nous gravons de nouveau des CDs, puis nous enchaînons sur une manche au même endroit que la veille, qui marche ma foi assez bien. Pas tant que la veille mais c’est honnête. Dès que nous arrêtons de jouer, un immense cortège d’écoliers costumés passe devant nous. Les déguisements traditionnels sont impressionnants par leur nombre et leur variété. Les danses aussi sont nombreuses, mais les écoliers n’ont visiblement pas tous bien pris le temps de les travailler. Là dessus, nous voilà au rendez-vous fixé la veille pour aller à cette fameuse foire aux bestiaux et à la patate. On arrive sur place et on est pas déçus. Les étals de patates regorgent de plein de variétés de patates locales (la gagnante du concours du cultivateur du plus grand nombre de variétés en cultive 63!). On monte les instruments et on fait quelques morceaux entre les annonces de l’animateur de la foire. On nous sert alors un fameux gratin de patates, genre de gratin dauphinois mais épicé différemment, et cuisiné avec des patate de compétition bien entendu. Il est accompagné par de la viande (de lama je suppose) et ses petits légumes. Puis on nous fait goûter à une autre spécialité locale : des patates cuites dans la terre, en mettant des braises, du charbon ardent, des pierres, de la terre et des patates dans un trou. Ça se mange avec du fromage et une sorte de sauce verte au piment et à la coriandre. Un délice ! Avec ça on boit une chicha, boisson rafraîchissante faite avec du maïs fermenté. Là dessus on a deux options : soit on reste un peu plus pour jouer quand le maire arrive, soit on part faire du vélo comme c’était prévu. Les avis divergent. Une petite prise de bec plus tard, Charlène et Creutz partent faire du vélo pendant que les cinq autres restent pour jouer (et tester si on peut faire quelque chose de correct sans trombone ni saxophone). Tout le monde y trouve son compte : ceux qui avaient envie de tester la bière locale, la Arequipeña (assez banale, mais servie avec force convivialité et abondance !), ceux qui voulaient faire du vélo (les paysages sont magnifiques), ceux qui voulaient jouer (finalement à 5 le set passe plutôt bien), et ceux qui voulaient goûter à d’autres spécialités locales (on a droit à un peu de ceviche de truite et à un cuy). Le cuy est un plat typique du Pérou. C’est en fait un cochon d’inde grillé. La chair est assez coriace et il n’y a pas grand-chose à manger, mais c’est savoureux.

Les camioneros partent peu avant la nuit pour rattraper les cyclistes quelques kilomètres plus loin, en train de pousser leurs vélos dans des pentes trop terreuses et trop abruptes pour y pédaler. On arrive finalement de nuit à Cabanaconde.

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Réveil champêtre
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