Pérou, Etape nº6 : Vallée de Lunahuanta, Dégustations de Piscos.  

Le lendemain, lever aux aurores pour une étape de vélo un peu spéciale : le but est de visiter le plus de bodegas possibles pour déguster les spécialités locales: vins et piscos. Environ 100m après le début de l’étape, nous repérons notre première escale. En plein centre de Catapala, une bodega qui serait la plus vieille de la région d’après les tenanciers. La bâtisse ancienne a du cachet, les installations comme le gros alambic en cuivre, le tas de lie au milieu de la cour, les empilements d’amphores anciennes, les gros fûts… on est dans l’ambiance direct. Une visite sommaire et nous sommes accueillis par le vigneron. Il nous explique rapidement qu’ici, ils ne font que des vins et liqueurs artisanales qui ne font pas mal à la tête, et on passe à la dégustation. Un petit « burgoña » blanc, très sucré et fruité, suivi d’un petit « burgoña » rouge, lui aussi très sucré et fruité. Puis on passe au pisco (qui est en fait la même chose, mais en distillé donc légèrement plus fort). Il nous fait ensuite goûter sa production de miel (un miel d’eucalyptus, et un miel multi-fleur de montagnes), plutôt fameux. On repart de cette première bodega en se disant que la journée promet d’être bonne.

En effet, 500m plus loin, nous voilà de nouveau dans la cour d’une ferme, vue sur les vignes, attablés autour de deux bouteilles de vin et trois bouteilles de pisco différentes. Nous goûtons cette fois aux cépages Avina, Moscatel et de nouveau Burgoña, les versions non distillées et distillées.

Ça fait une heure qu’on est parti, on a fait moins de 1km, on a déjà une petite dizaine de godets derrière la cravate. Bref encore le sentiment qu’on va passer une bonne journée. On se dit qu’on va essayer de faire quelques kilomètres avant la suivante, mais peu après, on tombe sur une attrayante devanture encadrée par deux grosses amphores. Malgré nos tocages insistants, personne ne vient. Tant pis on continue. La bodega suivante quelques 500m plus loin, ne nous déçoit pas. C’est une sorte de grosse machine à dégustations. Ici, pas le temps de vider son petit godet, que le type revient avec le vin suivant. On y goûte 4 vins différents, tous très sucrés et fruités comme c’est l’usage ici, puis 4 sortes de pisco. Il doit être 11h du matin, et on commence à être bien joyeux. On trouve un petit resto un peu plus bas dans la vallée, où l’on goûte la spécialité locale : la sopa seca (littéralement soupe sèche). C’est un mélange de vermicelles, de patate douce et de petits bouts de viande. C’est bon mais ça casse pas trois pattes à un canard comme on dit dans le sud-ouest. Puis on continue notre petit périple. On s’arrête dans une autre bodega pour se faire une petite dégustation de pisco, puis une deuxième. Là dessus, on commence à avoir notre compte. On en est au point où il est difficile de faire la différence entre les différents cépages. Puis nos sacoches commencent à être bien chargées de bouteilles, et nos porte-monnaie sont bien dépouillés. A chaque fois les dégustations sont gratuites, mais la plupart du temps on repart avec des bouteilles. Là dessus on enchaîne quelques kilomètres, puis une petite pause pour admirer les ruines incas de Inkahuasi. Ce sont des ruines assez vastes à l’entrée d’une petite vallée très sèche. Le site est fermé mais on peut grimper sur une petite colline qui offre une vue sur tout le domaine. D’ailleurs cette vallée est surprenante. Tout est archi-sec, c’est de la roche jaune à moitié recouverte de poussière fine. Seul le fond de la vallée est assez vert, mais cette verdure semble uniquement là du fait de l’irrigation humaine. Un viticulteur nous a expliqué que cette année il a beaucoup plu pendant la saison des pluies : deux jours en mars. En temps normal il pleut seulement quelques heures. Cependant, la rivière qui coule ici ne tarit pas et le débit est plutôt fort.

Une dizaine de kilomètres plus loin, on tombe sur une autre bodega. On trouve le propriétaire, on lui demande si on peut déguster, et nous voilà repartis pour une autre série de petits verres. Il nous fait ensuite visiter la fabrique. Ici les alambics sont encore chauds. La fumée qui s’en dégage a une savoureuse odeur de jus de raisin caramélisée. Il nous explique alors en détail la production, puis nous apprenons qu’il a été a de multiples reprises champion du monde de fabrication de piscos, médailles et divers trophées à l’appui. En effet son breuvage est fameux. Par curiosité, et forts de ces renseignements on refait une petite dégustation, puis on fait nos fonds de poche pour prendre une dernière (mais probablement la meilleure) bouteille de Pisco cépage Italia. Sur ces entrefaits, on reprend la route le cœur léger. Ce passage dans cette vallée merveilleuse touche à sa fin. On se fait une bonne petite montée qui dessaoule pour s’en extraire, et on retrouve nos camioneros sur la place où on avait joué a veille au soir.

 

Étape Catapala-SanVincente de Canete
Date jeudi 21 mai
Conducteurs Charlène, Abitbol
Cyclistes Éloi, Viaduc, Creutz, Barbie
Type de route peu de chemin, beaucoup d’asphalte
Distance (km) 30
Dénivelé montée +200
Dénivelé descente -400
Difficulté facile
Départ 9h
Arrivée 16h
Météo Beau, nuageux à la fin
Altitude 200-600
Nb de chutes 0
Nb de problèmes techniques 0

Après quelques parts de gâteau vendus par des mamies sous un barnum, on décide de rejouer un peu avant de partir vers Chincha. Le public, assez épars et atone, ne nous donne pas envie de nous attarder.

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réveil tranquille au soleil
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