Pérou, Nazca-Colca : injecteur, oliveraies et routes de montagnes

Maintenant, il nous faut enchaîner les kilomètres jusqu’à Arequipa, et plus précisément jusqu’au canyon de Colca, la prochaine étape de notre programme.

Et là c’est le drame : une petite heure à peine après le départ, voilà le petit bruit de l’injecteur tant redouté qui se refait entendre. Ça faisait bien deux mois qu’on ne l’avait pas entendu celui-là et il ne nous manquait pas, surtout à quelques jours de la revente. Par chance (ou pas d’ailleurs), on trouve un petit garage à quelques centaines de mètres de là. Il est déjà 9h du soir et ce n’était pas gagné d’avance. Les deux garagistes tentent plusieurs réparations pendant qu’on se fait des pâtes « au cul du camion ». Finalement, minuit passé et un pas de vis foiré plus tard, on se résout à planter les tentes dans l’oliveraie voisine en attendant le lendemain matin. Belle surprise au réveil de voir ces magnifiques arbres sûrement multicentenaires tout autour de nous. Bon y’a du caca un peu partout, faut croire que certains n’ont pas de toilettes chez eux. Mais c’est joli quand même. Après quelques discussions avec le moteur et avec le mécano, nous concluons qu’on a largement le temps de faire une bonne répète et de manger ici avant de pouvoir repartir. En effet, le bruit est toujours plus fort qu’avant, et le mécano, fort sympathique soit dit en passant, n’a pas l’air aussi compétent que ce qu’il nous soutient depuis le départ.

En début d’aprèm, nous reprenons tout de même la route avec un injecteur qui semble ne plus fuir. Puis deux heure plus tard, voilà le petit psh-psh-psh-psh qui reprend de plus belle. De nouveau nous nous arrêtons, trouvons un garage, vaquons à d’autres occupations en attendant la réparation. Ici la ville est plus grosse, et le garage un peu plus sérieux que le précédent. En effet, quelques heures plus tard, en pleine nuit, nous repartons avec un moteur comme neuf. On nous a dit que le lendemain, les routes seraient bloquées pour cause de manifestations, du coup il faut atteindre le canyon de Colca le plus vite possible. Un gros projet minier controversé est en train de voir le jour dans la région, et la population semble bien décidée à l’en empêcher. On entend parler de cette grève générale depuis plusieurs semaines déjà. Nous roulons alors toute la nuit pour arriver au petit jour dans cette vallée de Colca. Après un passage à quasi 5000m d’altitude, dans un froid digne du pôle nord, nous voilà débarquant dans une vallée verdoyante, aux flancs remplis de terrasses, et à l’atmosphère champêtre très agréable. Bien fatigués par ce voyage nous plantons les tentes dans un champ juste en dessous du village de Chivay.

Vers midi, on se réveille sous un soleil radieux, au milieu de ce cadre idyllique. Le temps de faire une petite répète champêtre, et on part un peu au dessus du village, histoire de se ressourcer un peu aux bains thermaux de la Calera.

Après une bonne grosse douche chaude et deux bonnes heures de relaxation dans ces eaux bienfaisantes, on retourne au village de Chivay pour aller se dégourdir les lèvres en public. Ici aussi, l’endroit qui paraît assez peu peuplé et animé, se révèle être un spot de manche au public curieux, nombreux et très amical. Même les flics sont enthousiastes. C’est un bon succès et on épuise notre stock de disques. Un monsieur qui travaille à la municipalité vient alors nous voire pour nous proposer de jouer le lendemain à la foire à la patate et aux bestiaux qui se déroulera au dessus du village. Une dame vient nous proposer de venir petit-déjeuner chez elle. Puis une autre ! Bref très bon accueil.

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repas au garage
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