Pérou, parc de Paracas-Ica-Palpa-Nazca : de la route, des manches, des dunes et des sports d’hiver sur sable

Le lendemain matin, le lever du soleil vaut le détour. Un léger voile de nuages est éclairé par les premières lueurs du jour. En dessous, les falaises sont farcies d’oiseaux marins en tous genres qui se réveillent et partent pour leurs premières pêches de la journée. Ça piaille dans tous les sens, ça plane au dessus des falaises, ça plonge en piqué dans les vagues, ça se nettoie les plumes, ça se tourne autour dans des sortes de parades amoureuses, ça joue à éviter les vagues qui déferlent sur la plage de sable rouge… bref un réveil des plus agréables. On replie le matos de camping, puis on se dirige vers la plage de lagunillas, une paire de km à l’ouest.

L’eau de l’océan paraît suffisamment chaude pour piquer une petite tête, et en plus on est quasiment seuls à cette heure ci. Nous voilà donc dans l’eau, à regarder les escadrilles de pélicans nous passer au dessus de la tête.

Là dessus, en route pour Ica, où nous attend un public nombreux et bien animé. On plante nos instruments au hasard sur la place principale de la ville, et au bout de deux ou trois morceaux, les gens se pressent déjà autour de nous en une foule compacte. On nous demande de jouer des cumbia, on leur répond par du Iron Maiden. On nous demande de la salsa, on leur sort de la disco. Ils ne se vexent pas pour autant et en redemandent « Hasta la noche! » qu’ils disent. Et au début de notre deuxième set, quand une dizaine de gros flics dégueus arrivent pour nous virer, notre public nous réconforte, prend plein de photos avec nous, et nous conseille sur des endroits où aller. Sur ces conseils avisés, et sur ceux du Lonely planet qui définit toutes les grandes lignes du voyage depuis un mois déjà, nous voilà en route pour Huacachina, un petit oasis non loin de là entouré d’immenses dunes de sable fin.

Arrivés là-bas, on loue quelques planches de sandboard et on part à l’assaut des dunes. C’est un peu difficile à contrôler avec des fixations rudimentaires, mais avec la planche de Creutz qui a opté pour le modèle « pro », avec fixations et chaussures de snowboard, on peut tracer de belles courbes sur les flancs des dunes. Par contre pas de remontées mécaniques, et la remontée à pied dans le sable bien meuble limite un peu nos ardeurs. Mais on trouve d’autres occupations rigolotes, comme la course de roulades (en avant, en arrière et sur le côté). Ce qui fait qu’en redescendant (les uns comme des gros tarés couchés la tête la première sur la planche, les autres en courant, ou debout sur leur planche), on est plein de sable de la tête au pied, et dans le moindre de nos orifices. Après une petite douche, nous voilà prêts pour rejouer.

Le village a l’air plutôt mort et on était à deux doigts d’abandonner avant même de commencer. Finalement, on se dit qu’on jouera cinq-six morceaux histoire de les répéter, et on se pose pour jouer sur une petite place au bord du lac. Quelle n’est pas notre surprise en voyant la petite place se remplir petit à petit d’un public varié de touristes de tous les pays et de locaux qui travaillent ici. On se fait encore un bon set bien nourri d’applaudissements, puis on remballe le matos pour partir vers Nazca.

On s’arrête dans la campagne pour camper près du village de Palpa.

Au réveil on se fait une bonne grande répète de 2h, interrompue par des flics curieux qui viennent voir si on est pas des sales voleurs de maïs. Là-dessus, on se fait un bon petit comedor, puis une après-midi cyber-café. On enchaîne alors sur les lignes de Nazca. Ce sont des dessins et des lignes immenses tracées par des civilisations précolombiennes dans le désert de Nazca. Il pleut tellement peu dans le coin que tout est encore visible (du moins ce qui n’a pas été effacé par l’homme). Ces vestiges sont assez étranges et ont supposément plein de significations différentes. Certains n’y voient qu’une dimension mystique, d’autre y voient de l’art, d’autres de l’astronomie, ou encore des mélanges de ces trois hypothèses. Nous gravissons trois miradors sensés offrir une vue sur ces lignes. En effet on voit les lignes et quelques dessins, mais ça ne vaut pas les images prises en avion qui farcissent les guides touristiques. Bref on ne s’attarde pas trop ici car une longue route nous attend pour rallier le canyon de Colca.

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Premier paysage à la sortie de la tente
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