Pérou, Pour finir, panaméricaine jusqu’au Chili.

Notre périple péruvien touche maintenant à sa fin. Levés le dimanche matin à 8h pour aller chercher le camion au parking, nous voilà avec un objectif en tête : aller le plus vite possible à Santiago. 2500km. Une vingtaine de km plus loin, on se fait arrêter par les flics car nos feux ne sont pas allumés. Difficile de se souvenir de ce genre de détails du code de la route après avoir voyagé à travers 6 pays dont les règles sont différentes. Bref le flic ne veut rien entendre, et a une seule chose en tête : combien va-t-il soutirer de pot-de-vin à ce groupe de 7 touristes français pour nous laisser partir sans devoir aller récupérer notre permis de conduire à Arequipa le lendemain. Finalement nous repartons délestés de 80 soles (25 euros environ). Il parrait que la corruption a beaucoup baissé ces dernières années, mais ce n’est pas encore quelque-chose du passé. Dommage pour notre dernier contact avec des péruviens d’être tombés sur une crapule.

Bref, nous enchaînons alors sur les 500 kilomètres qui nous séparent de la frontière. Le poste situé entre Tacna et Arica est bien fait, et malgré la fouille du camion et toutes les paperasses qui vont avec, nous passons la frontière en moins de deux heures. Au-revoir Pérou.

Notre sentiment sur ce pays magnifique est assez mitigé. L’accueil que nous y avons reçus par les autorités était des plus mauvais de notre voyage. Il y eut peu d’endroits où il était permis, ou même toléré, de se produire en public. Souvent les policiers menacent de nous envoyer la police de l’immigration car nous n’avons pas de visas de travail.

Avec les autres péruviens, les rapports étaient bons, bien que parfois biaisés par l’argent. On a l’impression que le tourisme de masse qui a lieu dans ce pays fait que l’occidental est plus souvent considéré comme une sorte de petit sac de fric sur pattes que comme un potentiel ami, ou quelqu’un qu’on a envie de rencontrer par curiosité. Parfois ça se comprend bien quand on voie l’affluence démesurée ou les comportements de certains touriste. Parfois c’est décevant et énervant. Autre déception : la quantité d’ordures qu’on peut voire dans la nature et dans les rues.

Il n’en reste pas moins que ce pays recèle d’incroyables richesses archéologiques héritées des Incas et des civilisations qui les ont précédées. Nous en avons vu une petite partie dans le sud (Cuzco et ses alentours, le canyon de Colca, les alentours de Nazca et d’Ica) mais il y en a encore d’aventage au nord ! Sans parler des paysages qui entourent ces vestiges. La cordillère avec son altiplano et ses hauts sommets, la forêt, les déserts et la côte font du pays une mosaïque très étrange d’oasis fertiles au milieu de plein de milieux rudes. La gastronomie du Pérou aussi à elle seule vaudrait des mois ou des années de voyage ici. Je vous ai pas mal parlé des patates parce que j’adore ça et que c’est surement une des choses les plus évidentes, mais cet art de cuisiner et d’aimer les bonnes choses est visible dans beaucoup d’aspects de la vie. La façon dont vivent les traditions est aussi très impressionnante. Lors de fêtes nationales ou locales, on voit les masses arpenter les rues en costumes folkloriques, et ceci naturellement, une bonne partie des gens connait les musiques locales, les danses, et fait preuve d’un respect profond pour ces traditions, qu’elles soient issues de la colonisation espagnole ou plus anciennes.

En définitive j’ai bien hâte de revenir visiter ce pays, et plus précisement les campagnes perdues où les gens ont encore le rapport facile et sain avec les visiteurs.

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inspection rigoureuse de notre camion à la fontière
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