Pérou, Puno – Cuzco : Et si on allait manger de la terre ?

On pourrait juste dire que ce samedi 2 mai fut consacré au trajet Puno-Cuzco, mais en fait ça ne se limite pas à ça. Les premiers jours dans un pays sont toujours un peu excitants car on sait qu’on va découvrir de nouvelles choses, un nouvelle culture, des nouveaux paysages…

Après une nuit d’hôtel bien méritée, le rendez-vous est fixé à 10h pour aller jouer sur le marché. Avant cela, quartier libre pour aller « petit »-déjeuner. A nous la bonne cuisine péruvienne. Ici, dans LE pays de la gastronomie latino-américaine, on ne déjeune pas du café-tartines. C’est plutôt une soupe suivie d’une assiette de viande-patates-riz. Bref on reviendra copieusement sur la gastronomie au fil des articles. Ah Si Si Si se disperse en petits groupes pour aller chacun de son côté se casser le ventre.

A 10h, comme prévu, nous voilà au milieu du marché de Puno, ventres pleins et instruments en main pour retrouver un public sensiblement différent de celui de la veille au soir : les Punosiens du marché sont enthousiastes et surpris de nous voir là où d’habitude il n’y a que des vendeurs de patates, de babioles en tout genre, de trucs venus de Bolivie, de Chine, du reste du Pérou, et de tout de qui pousse et qui grandit autour et sur le lac Titicaca. Notre auto-stoppeuse de la veille accepte de prendre des photos de notre performance. Elle peut bien nous rendre ce service vu qu’on l’emmènera aussi jusqu’à Cuzco. L’accueil du public est très chaleureux si ce n’est qu’un exposant voisin vient nous gronder, en nous expliquant que les péruviens sont pauvres et que du coup on est pas les bienvenus pour jouer ici. Les autres badauds le regardent avec un regard tout aussi intrigué et las que nous. De toute façon on avait fini notre set, et nous avons suffisamment gagné pour nous payer de quoi manger et remplir le réservoir de gasoil.

Sur le chemin de Cuzco, nous décidons de faire une étape à Sillustani, petit village réputé pour sa gastronomie un peu spéciale à base d’argile. Arrivés sur place, on se retrouve pris dans un embouteillage de taxis. Après un petit tour à pied dans le village, on s’aperçoit qu’ils font une fête énorme. La place centrale est occupée par une fanfare locale, un défilé de taxis, des discours des officiels et une foule compacte de péruviens en habits du dimanche, mélange de costumes à l’occidentale pour ces messieurs et de grosses robes-chapeaux-chemisiers rutilants traditionnels pour ces dames. C’est bien beau tout ça, mais on a faim ! On ne s’attarde donc pas ici. Après s’être renseignés auprès des chauffeurs de taxis qui attendent leur tour pour le défilé, on arrive au milieu de la cambrousse dans une petite ferme. La fermière nous propose une dégustation de pommes de terres et de fromage frais accompagnés de cette fameuse sauce à la terre. En fait ça a surtout (voire exclusivement selon certains) le goût de sel, mais la qualité des patates et le gros creux qu’on avait à la place de l’estomacs en font un festin. On a aussi droit à une explication grandeur nature des différences entre lamas, alpagas et guanacos, trois des quatres espèces de camélidés répandus dans les andes (avec les vigognes). Et on finit tous par craquer et par acheter des trucs en laine d’alpaga à cette sympatique fermière.

La fin de la journée n’a pas beaucoup d’intérêt à être racontée, vu que c’est de la route jusqu’à Cuzco, et on y voyait rien vu qu’il faisait déjà nuit. Eh oui, ici le soleil est couché à 18h. Arrivés à Cuzco, on se trouve un hôtel à 15 soles par personne. Quatre d’entre nous s’en vont profiter de leur oreiller tandis que Viaduc, Habitbol et moi-même partons en mission de reconnaissance dans les bars de la ville. Coucher au petit jour pour cette fine équipe, avec des numéros de téléphone plein les poches.

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Manche à Puno
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