Potosi-Uyuni, première journée dans le salar

Nous partons donc le mardi 7 avril au matin de Potosi vers Uyuni, à 5h de bitume au sud-ouest.

Les paysages pendant le trajet sont magnifiques : grandes vallées arides, dunes de sable blanc, troupeaux de lama …

Nous arrivons vers 17h à Uyuni. On se croirait dans un paysage de western spaghetti, ça donne envie de jouer du Ennio Morricone.
Le groupe hésite entre jouer de suite sur la place du village et faire les courses pour la semaine.
Finalement, jouer de suite s’avérera être la meilleure solution pour le logement du soir.
Nous faisons donc notre petit attentat musical sur la place centrale d’Uyuni, devant le sordide monument à la gloire du honteux Dakar 2014 (désastre écologique à mon sens).
Le public bolivien est fidèle à lui-même, nous faisons un carton, les Cds partent par dizaines, et les touristes français rencontrés au passage nous félicitent.
De plus, nous faisons la rencontre de Wilma qui vient nous proposer à la fin du set de dormir chez elle. Wilma tient un petit restaurant qui s’appelle l’Arco Iris 2, rue Sucre. Nous sommes accueillis comme des princes : repas avec la famille, pizzas au quinoa succulentes, et campement dans le jardin avec un point d’eau. Les amis de Wilma présents au repas nous donnent des conseils pour l’itinéraire de la semaine.

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Nous avons peur de casser le véhicule sur les chemins de montagne du sud Lipez, mais après la bonne expérience de vélo sur les chemins du nord de l’Argentine, nous avons tous envie de découvrir cette région réputée magnifique par nous-même.
Nous décidons de ne pas faire de longue étape de vélo sur le salar pour ne pas abîmer le camion ET les vélos. Et pour l’état des routes, et les possibilités de se perdre sans GPS fonctionnel … « On verra bien, il doit y avoir du monde sur le chemin ! »

Le lendemain matin, Wilma nous a préparé des empanadas pour le petit déjeuner, ça en devient gênant de générosité !
Après quelques achats logistiques (pelle, câble de dépannage, bidon de 20L de diesel en plus au cas où, carte, couvertures kitchs contre le froid …), nous partons sur les coups de 10h30 vers le salar. Nous négocions le prix du diesel à la pompe car le prix est différent pour les étrangers. En effet, il existe une taxe de 150 % qui ne s’applique pas aux boliviens. Ainsi, lorsque le pompiste ne fais pas de facture, il peut se mettre la différence touriste/bolivien dans la poche.

Après avoir donné un bakchich au flic à l’entrée du salar, nous traçons à 80 km/h sur l’immensité salée. Je suis au volant à ce moment là. Les sensations sont folles, j’ai un peu l’impression de skier un champ de poudre vierge. Je suis un petit point noir devant moi : un 4×4 qui « à l’air d’aller à notre objectif » situé à 80 Km de sel de là, Isla Incahuasi.
Après une heure de shooting photo au milieu du salar pour notre sponsor Café en grain, nous arrivons vers 14h sur l’île réputée splendide mais touristique. L’occasion est trop belle, nous enfilons nos déguisements et nous mettons en manche sans plus tarder. Les touristes présents sur le site sont étonnés de voir une fanfare debout sur le sodium. Quelques Cds partent, on récoltera même un billet de 20 dollars en jouant « Que je t’aime » devant le drapeau français en « boeuf caca » trombone-sax  …
La visite de l’île coûte 30 bolivianos, aussi, nous prenons un sentier par derrière pour apprécier la vue depuis le sommet de ce morceau de caillou et de cactus perdu au milieu du salar…
Nous croisons avant de repartir Marie et Sylvère, un couple de cyclistes français qui roule en Amsud depuis 7 mois (bicipampa.blogspot.com) et arrive du sud Lipez : l’occasion de prendre quelques infos sur l’itinéraire vélo à venir !

Nous repartons vers 16h de Isla Incahuasi en mettant cap au sud vers le village de Chuvica (ou Puerto Chuvica). Le village étant en vue, nous décidons de suivre des traces de 4×4 qui coupent à travers le salar et y mènent directement. Malheureusement, près des « rivages », la croûte de sel du salar se fait fine. Le sol reste blanc et débonnaire mais en fait, c’est un vrai piège. Le sprinter chargé de 8 personnes, des vélos, instruments et bagages « s’embourbe » dans les 40cm de glaise humide présents sous la fine croûte de sel qui cède sous le poids du véhicule. La nuit tombe, chacun essaie de se rendre utile pour se sortir du pétrin. Barbie et moi partons en vélo sur le salar pour essayer de trouver un 4×4 qui veuille bien nous dépanner. Deux 4×4 refusent de nous aider : « trop risqué » selon eux. Finalement, un jeune guide un peu plus téméraire tente l’opération. Nous mettons notre stock de carton sous ses roues, le 4×4 nous tire en marche arrière, ça roule jusqu’à un endroit où le sel est plus dur, la ASSS mobile est sortie d’affaire !
Nous ne dormirons donc pas au milieu du salar cette nuit là, mais environ 10 Km plus loin, sur la terre ferme, près du village de Chuvica.

Chaque jour suffit son aventure !

A suivre …

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Abitbol nettoie les méfaits du sel cariocais sur sa caisse claire
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