Première semaine en Bolivie : Potosí Si Si Si !

P1080257.resized

Salut la famille, les familles d’amis, les amis, les amis d’amis, les curieux et les groupies, voici le premier article depuis notre arrivée en Bolivie raconté par Bob Verhamme alias Princesse Trombone Alias Creutz alias Baptiste …

Je reprends donc la suite de Vincent qui vous a conté nos péripéties dans le nord Argentin jusqu’au 29 mars ou nous avons passé la frontière à la Quiaca.

Le passage de douane avec le véhicule se fait rapidement et sans encombre, nous obtenons gratuitement un visa touristique d’un mois renouvelable 3 fois.

Arrivés à Villazon du coté Bolivien, nous observons une effervescence commerciale dans les rues centrales. En deux temps trois mouvements, les déguisements d’hiver sont enfilés, les instrus sont montés, et nous faisons notre première manche Bolivienne à Villazon. L’ambiance est enthousiaste, les Cds partent comme des petits pains, et nous comprenons vite que les Boliviens seront bon public.

Nous repartons de nuit sur la route en direction de Tupiza. Nous trouvons un endroit dans le désert pour camper. Les matelas gonflables ont quelques avaries, le froid et le vent deviennent plus intenses à 3800 mètres d’altitude, et le fourgon ne démarre pas tous les matins. Cela dit, un petit café, on pousse la ASSS-mobile sur 50 mètres et en voiture Simone, direction Tupiza dans le bonheur de découvrir de nouvelles contrées.

Nous passons donc une après-midi dans cette charmante petite ville du sud de la Bolivie, juste le temps de déguster un plat typique et savoureux à 12 Bolivianos (2 euros) au « comedor » du marché, de faire une petite manche peu lucrative mais sympa quand même, et de reprendre la route direction Potosi à 5 heures de route au Nord. Sur la route nous nous faisons arrêter par la police Bolivienne : après négociation avec le flic corrompu, ce sera 200 bolivianos pour un feu défaillant.

Arrivés vers 22h à Potosi le 31 mars, nous rencontrons des bouchons importants à l’entrée de la ville. L’explication est vite trouvée, la ville fête son 460ème anniversaire, suivi des fêtes de Pâques et ses nombreuses processions toute la semaine dans cette ville aux 80 clochers.

Nous finissons par trouver un endroit où dormir pour 25 bol/pers à l’Alojiamento Oruro dans le centre avec une place de parking pour notre fourgon.

Le premier avril, la journée est chargée, chacun sa tâche : 25 kgs de linge à faire laver (ouf ! Une lessive!), de la communication sur le blog à faire pour Vincent qui n’avais pas trouvé de connexion correcte depuis 2 semaines, des Cds à faire pour les manches de la semaine (à chaque fois il faut trouver des Cds vierges , du bon papier, et une imprimerie pas chers … tout un programme) , de la mécanique (bougie d’allumage et batterie à changer). Malgré tout , nous trouvons le temps de mancher dans l’après midi plaza San Augustin devant un public jeune et généreux. Le record d’autographes (environ 50 chacun en 15 minutes) est battu. La semaine s’annonce plutôt bonne !

Les 7 jours passés à Potosi ont permis au groupe de se sédentariser un peu (cela faisait longtemps …), avec une petite douche chaude le matin (oh oui très longtemps!), une répétition un jour sur deux (Santa Esmeralda check!), une bouffe au marché tous les midis (appétissant et pas chers, plus besoin de se faire la popote, c’est parfait!), des soins dentaires pour Barbie, et 7 manches toutes plutôt bonnes et lucratives.

Pendant le week-end de Pâques, Potosi était envahie de fanfares et de fervents catholiques faisant leur chemin de croix dans chacune des chapelles de la villes. Pas d’alcool en vente pendant les fêtes, mais aucun problème pour jouer de la musique dans la rue !

Le samedi, Charlène, Camille, et moi-même en profitons pour visiter la « Casa de la Moneda », usine-musée incroyable retraçant la production des pièces de monnaie depuis Charles Quint jusqu’au 20ème siècle. Les conditions de travail des indiens et esclaves africains pendant l’occupation espagnole étaient terribles. 8 millions de morts entre le 15eme et le 17eme siècle, ça fait froid dans le dos.

Pendant la semaine, nous avons eu le plaisir de rencontrer Marion (une Marseillaise groupie qui nous suivra dans nos aventures pendant 15 jours jusqu’au sud Lipez), et Irène et Tristan (un couple d’amis Marseillais eux-aussi qui voyagent en Bolivie pendant le mois d’Avril).

Une petite sortie le dimanche après midi nous a permit d’aller nous baigner dans un lac d’eau chaude situé à 30 minutes de Potosi : l’«Ojo del inca», tout cela suivit d’une soirée « coupe de cheveux » mémorable (surtout pour Marion …). Que du Bonheur !

Le groupe en profite également pour visiter (après discussion éthique) le lundi matin les mines de Potosi. On peut se demander si il n’y a pas un côté «voyeuriste» à visiter un lieu réputer pour avoir tuer des millions d’hommes depuis le début de l’activité au 16ème siècle. Les conditions de travail se sont améliorés depuis les temps terribles de l’exploitation espagnole. Aujourd’hui, les boliviens sont organisés en coopératives et se partagent la montagne en creusant jusqu’à 800 mètres de profondeur, les derniers filons d’argent, de zinc, de plomb, de nickel et d’or. Persiste tout de même une intense exposition à la silice, aux poussières de mercure, de plomb, d’arsenic etc. … 30 à 40 morts par an dans la mine, et près de 800 enfants travaillant dans la mines illégalement …

Nous gouttons tous la coca et l’alcool à 96 % local pendant la visite avec notre guide, Carlos, un ancien mineur, qui fait d’ailleurs exploser une charge de dynamite en notre présence au fond de la mine.

Le lundi après midi, nous sommes chargés par le Professeur Marcos Clemente Jancho du conservatoire de Potosi, d’organiser une conférence (« type master-classe » oui on se la pète!) de 2h pour les étudiants. Cette activité est une première pour Ah Si Si Si, devant une cinquantaine d’étudiants attentifs, et se révèle riche en échanges et en questionnements vis à vis de notre musique et de l’organisation de notre voyage. Charlène est vivement applaudie lorsqu’elle affirme en espagnol « Pourquoi une femme n’aurait pas le droit de voyager en faisant de la musique !? ».

Le mardi matin, nous partons de Potosi vers Uyuni la tête remplie de moments musicaux rares, de rencontres singulières avec des Potosinos extrêmement accueillants, et d’images de mineurs poussant leurs chariots de minerais.

A suivre …

IMG_3187
Eloi révise Libertekno
« 1 de 30 »