São Paulo – Derniers jours au Brésil

Rendez-vous jeudi 19 à midi pour prendre le bus et récuperer le camion en périphérie de Rio. Si notre estimation est correcte, nous serons le soir même à Sampa. Nous logeons chez Maria, une auto-stoppeuse que nous avons emmené entre Colonia et Montevideo et qui – visiblement séduite par notre projet – nous offre logis chez elle pendant trois nuits à São Paulo et nous a trouvé une date dans un petit bar pour le vendredi soir.

Vendredi c’est de l’organisation qui nous attend. Rien de bien passionnant mais après une semaine libre comme celle que nous venons de passer, il nous faut de nouveau faire le plein de vivres, refaire des Cd’s pour le groupe, organisation, communication, programme des jours à venir … Nous tentons tout de même une manche en fin d’après midi où nous pouvons probablement jouer près d’une station de métro à forte affluence. Le spot est déjà pris ! Saloperie de hippies ! Nous nous plaçons non loin de là face à des terrasses espérant un geste du ciel. En vain. Le concert nous attend, ne perdons pas plus de temps !

Il n’y a pas foule quand nous arrivons dans le bar. En fait il n’y a personne. Mais nous ne nous inquiétons pas, les gens vivent la nuit depuis le début du voyage, ils arriveront plus tard. Ce qui nous effraye le plus c’est que notre cachet est basé sur le nombre d’entrées lors du concert. Et vu le peu de place qu’il y a, ce n’est pas ce soir que nous allons faire fortune. Enfin qu’importe, nous y sommes, il nous faut maintenant assurer. Creutz et Charlène ont de surcroît pris soin de nous trouver un nouveau costume à chacun. Magnifique. Ah vraiment. Maria est fan en tout cas ! Ils ressemblent à des cyclistes (tenues de cycliste) comme ceux que nous avions les mois précédents, mais en biens plus colorés. Le tout agrémenté de quelques bandeaux et chouchous flashy. Back to the 80’s ! Lors du concert, Maria a invité quelques amis, le groupe en première partie également. Quand nous jouons le bar est rempli et la fête bat son plein. Nos costumes sont du plus grand effet !

Le réveil est décousu, certains se réveillent à 10h, d’autres plutôt vers 15. Certains s’impatientent, d’autres s’occupent. Qu’importe, nous nous sommes fixé un rendez-vous la veille sur le lieu de jouerie du jour. C’est le grand centre de Sao Paulo, les Buildings sont gigantesques et nous misons sur la sortie des bureaux pour toucher les plus fortunés de la mégapole. Tout le monde est présent au moment voulu et lorsque nous nous installons, le public est déjà nombreux. Merci beaucoup à Maria pour cette idée plus que concluante ! Elle s’occupe de prendre les photos et de traduire nos annonces en portugais brésilien. Malgré les altercations avec les vendeurs de rue qui sont très mécontents de notre concurrence déloyale, notre set nous enchante. Après avoir rangé les instruments, nous nous offrons un restaurant dans un quartier très animé de la ville avec deux amies rencontrées à Rio, Leticia et Martha. Nous décidons même pour certains – samedi soir oblige – d’aller faire un tour dans les bars de la ville. Il paraît que c’est carnaval ici aussi à Sampa. M’enfin, mis à part les indications de la ville et la foule qui ne désemplit pas, rien à voir avec les blocos de Rio.

Dernier jour dans la ville de San Paulo. On se dit qu’après toute la gentillesse dont Maria a fait preuve, il serait juste de lui proposer un repas avec nous ce soir. Nous organisons la cuisine, faisons les courses, rangeons l’intégralité de nos affaires et du camion, partons pour une ultime manche et passons une soirée au calme à table avec Maria. Maitre en philosophie, elle hésite entre un doctorat en philosophie ou en littérature russe. On en apprend davantage sur la situation politique au Brésil. Entre autres, chez Maria, il n’y a de l’eau que le matin. De 6h à 14h. Pendant cette période, les réservoirs de chaque habitation se remplissent et permettent d’avoir de l’eau jusqu’au lendemain. Sa clarté laisse à désirer, et ce même dans une ville de la taille de Sampa (la clarté de l’eau bien sûr, Maria est une fille parfaitement intelligible !). Corruption pense-t-elle. Mauvaise maintenance des systèmes de filtration et d’acheminement de l’eau. Sur ces bonnes nouvelles, tous au lit. Nous partons tôt demain matin direction plein ouest vers Iguazu, le célèbre site des chutes d’eau situé au croisement des frontières Brésilienne, Argentine
et Paraguayenne. En plus du lieu magnifique qui nous attend, si touristes il y a, la fanfare jouera ! Et une grosse bise à Maria !

Après un voyage sans encombre nous pouvons acc… Bien sûr que non ! On a passé une journée imprévue au garage « Araturbos » (on a même eu des supers porte-clés !) car notre turbo a lâché prise. Elle est bonne hein ? Celle de la route sans encombre ? Hmm… On dirait même que l’injecteur ne fût pas notre problème jusqu’à maintenant, mais peut-être bien le turbo. Ce qui nous enchante en un sens. L’au-tocard a repris de la pêche pour arriver avec un jour de retard au chutes d’Iguazu, où nous avons rendez-vous avec une amie d’Eloi, Anne, trompettiste stagiaire – comprenez vacancière – pour les 3 semaines à venir au sein d’Ah Si Si Si. Alors globalement, les chutes d’Iguazu, bah c’est de l’eau qui tombe ! Bon allons, je ne vais pas vous faire mon rabat-joie. C’est magnifique, le site est très bien tenu, sécurisé et en effet ça fait beaucoup d’eau qui tombe d’un coup. Mais pour ma part – si vous ne souhaitez pas lire passez au paragraphe suivant – j’ai trouvé ça excessivement cher, aseptisé, sans charme, un genre de Disney Land bondé de touristes dont certains particulièrement mal élevés. Je ne regrette pas, cependant je m’attendais à quelque chose de plus authentique. Difficile pour un immense site naturel comme celui-ci, je vous l’accorde. Je n’ai peut être pas la sensibilité pour ce genre d’attractions et suis navré de ne vous fournir un avis que partiellement objectif. Passons.

Si la journée se passe bien, notre première manche nocturne en compagnie d’Anne n’est clairement pas folle. La ville de Puerto Iguazu … comment dire… Hôtels largement étoilés à la sortie du site, pelouses tondues, casinos, parkings illuminés, bétonnés et spacieux, duty free, golfs et … arf, tout ça me dérange en fait. Puisque le centre ville en lui-même reste comme tous les autres, avec ses chiens errants, ses locaux qui vendent tout et n’importe quoi dans la rue, l’absence de « route », des gravats un peu par-ci par-là. Mince alors ! Puerto Iguazu et ses deux mondes. Et malheureusement peu de touristes en son sein. Faible recette pour notre groupe. Qu’importe. Demain visite du barrage d’Itaipu, deuxième plus gros barrage du monde en terme de production électrique – premier il y a peu dépassé par la chine et son barrage des trois gorges – et direction Salta !

La route est longue cette fois, il nous faut traverser toute l’Agentine du nord d’est en ouest. Je passe ici la main à mon camarade Viaduc pour un nouveau mois d’aventures en compagnie d’Ah Si Si Si !

PS : Désolé, je ne peux m’empécher de prendre une minute pour m’excuser du temps qu’il a fallu à poster toutes ces nouvelles quelques peu tardives. La difficulté pour trouver internet par ici est d’un niveau certain.
Tout se passe bien pour nous, nous vacons à nos occupations favorites et la santé nous l’avons ! Bises à tou(te)s nos lecteur(trice)s de la part de tous et merci encore !

P1060101
« 1 de 28 »