Semaine à Salta

En ce début du mois de mars, nous avons passé une semaine pluvieuse à Salta, jolie ville coloniale du nord de l’Argentine. Le but était de réaliser une bonne semaine de musique, afin de récolter suffisamment d’argent pour financer les semaines suivantes, et s’offrir de beaux périples à vélo afin de mieux profiter des paysages spectaculaires de cette région. Cet objectif plutôt ambitieux a bien rythmé cette semaine qui fût éprouvante. En effet, nous avons essayé de jouer au maximum, ce qui a bien fatigué les plus dormeurs d’entre nous !

Cette semaine débute donc par notre arrivée à Salta et notre installation dans le camping le plus « barrato » de la ville : quelques 200 pesos par nuit pour nous 8 (7 + notre stagiaire Anne), soit à peine 20 euros. Ensuite, voici venu le moment d’aller au charbon : nous voilà tous en camion en direction du centre-ville pour une première jouerie ! Forts de l’expérience de notre cher Nicolas déjà passé par là et de la configuration des lieux, nous ne tardons pas à débusquer LE spot de manche : le croisement entre deux rues piétonnes (Alberdi et Caseros) et la place principale (Plaza 9 de Julio).
Notre choix s’avère payant : le public est nombreux, chaleureux et pas avare !

Le lendemain, avant la traditionnelle manche de fin de journée, place à des missions moins funky, à savoir faire les comptes pour les trésoriers, aller au garage pour tenter d’éradiquer les problèmes d’injection du camion, et faire les courses pour nourrir tout ce petit monde. Concernant notre fabuleux Sprinter, les soi-disant problèmes d’injection s’avèrent être un problème d’ordre électronique au niveau du capteur de la pédale d’accélération. Nous récupérons donc un véhicule tout neuf, enfin, moins pourri qu’avant ! Après la manche, nous montons donc au cerro San Bernardo, une colline surplombant la ville, pour admirer la vue nocturne et tester un peu notre monture dans des pentes assez raides. Il semble fonctionner correctement.

Le mercredi, on innove : on décide de mancher matin et soir pour multiplier les recettes. Le pari est gagnant financièrement parlant et permet de surcroit de s’ offrir un peu de temps libre entre les joueries pour profiter un peu de la ville (musées, ballade) ou se reposer. Le soir, la pluie nous incite à nous empiler dans une tente pour prendre le repas : 6 dans une tente 2″, record à battre !

Jeudi, c’est reparti ! Mais en fait non. À notre arrivée en ville, des agents de la municipalité nous attendent et nous réclament des autorisations, que bien évidemment nous n’avons pas. On essaye donc de se les procurer. C’est alors que nous nous rendons au bureau E121 pour demander le formulaire B17, qu’il faut remplir à l’encre invisible et le rendre à Corinne 2 étages plus haut, avant de filer 4 rues plus loin pour rencontrer Michel qui dit qu’il manque un papier, qui nous envoie au RDC pour récupérer ladite attestation qui est à faire signer par Joséphine, actuellement en pause café clope depuis 47 minutes et 29 secondes. Bref, vous l’aurez compris, malgré 1h30 d’attente et de négociation avec des gens peu compréhensifs, nous n’obtiendrons jamais les autorisations. La raison officielle invoquée par la secrétaire d’un directeur qui n’a daigné ni nous saluer ni nous répondre, est d’ordre religieux : pas de musique pendant le Carême. Il y a toutefois des exceptions pour les handicapés. Nous sommes manifestement trop en forme pour bénéficier de cette clause, même si certains d’entre nous…

De toute façon il pleut. La manche est reportée au soir et l’après midi est libéré par notre cher respo programme. Après une bonne manche dans une autre rue piétonne voisine, la Calle Florida, nous nous offrons un petit restaurant pour remonter le moral des troupes après cette journée de lose.

Silence, on tourne ! Le vendredi est consacré au tournage d’un clip vidéo pour Plurabella’s walk, un de nos morceaux officiels, écrit par Nicolas. Il fait chaud, jouer le morceau 20 fois de suite n’est pas très marrant mais nous jouons le jeu. Nous attendons maintenant avec impatience le résultat de la réalisation de nos amis du studio Point Color.

La soirée est occupée par des manches successives dans les rues piétonnes, sur la place 9 de Julio et dans la rue Balcarce, connue pour ses nombreuses Peñas (sortes de bars-restaurants folkloriques avec repas local et musiques traditionnelles) et son côté festif. Soirée sympathique.

Le weekend, la fatigue accumulée commence à se faire sentir. Les réveils sont tardifs. Le samedi sera utilisé pour se reposer et jouer en fin de journée avant de passer la soirée dans une grande peña, afin de profiter un peu de l’ambiance locale. La soirée finit tard par un set interrompu par la pluie. Décidément, la météo n’est pas avec nous… Enfin, dimanche, devant notre fatigue et le peu de monde en centre-ville, nous décidons de retourner au cerro San Bernardo afin de profiter de la vue et de faire une petite répétition. Il était temps, notre chef musical Valéry commençait à s’impatienter. Nous travaillons des passages de morceaux et de nouvelles chorés.

À partir de 17h, notre tyran Nicolas fait preuve de pitié et nous libère afin de se reposer avant une semaine de vélo. Le RDV est pris, le départ aura lieu lundi matin, en direction de la province de Jujuy, au nord de Salta.

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Même pas assez grande pour essuyer ma ... jambe droite
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