Une semaine dans le Sud du Chili : Villarica, Panguipulli, Valdivia, Pucón

Attention, l’article est long, mais riche en événements et péripéties… Détendez-vous, servez vous un petit verre avant de commencer la lecture !

Nous poursuivons notre périple sans les vélos le dimanche 21 décembre (laissés, pour 4 d’entre eux, à Mendoza pour une durée indéterminée). Les cyclistes se réveillent dans le spacieux appartement d’Isabella à Santiago, et l’ambiance est tendue, car nous devons recoller les morceaux d’Ah si si si, épars depuis le schisme… Quelles nouvelles ? Quelle souplesse ? Quel programme ? Et surtout, la question que tout le monde s’est posé au moins une fois : quand est­-ce qu’on mange ?

Après un bon repas chaud, nous improvisons une réunion dans la fourgonnette. L’objectif est toujours d’obtenir le « padron » du véhicule au plus vite pour pouvoir poursuivre l’aventure en Argentine, mais celui­ci est promis pour le 24 décembre, date qui nous semble un peu illusoire… Nous pensons avoir en tout une semaine de battement, que nous sommes tous d’accord pour ne pas passer à Santiago, ville que nous connaissons déjà bien : nous nous accordons pour filer plus au Sud du Chili (à quelques 800 km de la capitale), dans la touristique et prospère région de Villarica.

Notre dernière soirée à Santiago, dimanche, est l’occasion de faire une nouvelle fois la fête avec les habitants de la « Casona » (Ines Café) et d’animer un petit marché du design indépendant et de l’artisanat qui s’y déroule.

Nous nous accordons également le lundi matin pour mettre la pression au registre civil, donner procuration à nos connaissances chiliennes pour récupérer le fameux « padron » final en notre absence, réaliser les différentes tâches nécessitant une connexion internet, et faire les courses pour le départ, prévu dans l’après­midi. L’après-­midi se transformera vite en soirée, avec la recherche et l’achat d’un laisser­-passer pour l’autoroute (cf. explications en bas de page pour ceux que ça intéresse). Aux alentours de 19h, nous sortons finalement de l’agglomération santiagaise (yihaaaa!) et entamons notre route de nuit, découvrant l’un des premiers éléments de ce qui sera le fil rouge de cette semaine dans la région des lacs : les avaries mécaniques de notre fourgon… Pour l’instant, il s’agit d’une petite fuite de liquide de refroidissement, mais celle­ci s’aggrave, nous obligeant à chaque arrêt à compléter le niveau du réservoir. Nous poursuivons prudemment notre route et nous arrêtons à 5h du mat’ pour bivouaquer dans un cadre idyllique des environs de Villarica (enfin, de nuit, c’est vrai, on ne voit rien, mais le réveil dans une campagne « française » entourée de volcans sera magique !).

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La journée de mardi 23 décembre, déjà largement entamée par une grasse matinée bien méritée, nous a permis une petite répétition en plein air, puis une manche sympatique à Villarica, aux rues très animées à l’approche des fêtes. Le public est très chaleureux : les carabineros sont compréhensifs, les commerçants nous offrent un café, les enfants des chocolats, on nous demande de signer des autographes sur les CD… La soirée arrive vite et nous filons au camping de Villarica, sans omettre de rouler sur un clou, histoire de toucher l’échec du doigt…

Notre objectif, mercredi 24 décembre, est de rejoindre Panguipulli, petite ville nichée près d’un lac, où une de nos connaissances de Santiago nous a recommandés à « Tonton David », qui peut nous prêter sa maison gratuitement (!!), et ce sans même nous avoir rencontrés au préalable (!!).

Malheureusement, une bonne partie de notre matinée est consacrée à la réparation de notre crevaison, et les mauvaises surprises s’enchaînent : la jante de la roue de secours qui nous a été vendue avec le véhicule n’est pas aux bonnes dimensions, et nous ne pouvons pas l’installer : première conséquence du manque de garanties dans l’achat d’un véhicule chilien… Deux éclaireurs partent à vélo en quête d’un garagiste. La tâche n’est pas aisée : ici, les petits garages sont souvent spécialisés dans un unique domaine mécanique, il faut donc trouver un garagiste spécialisé en pneus. Finalement, la réparation du pneu crévé ne sera pas possible, mais nous parvenons à faire installer un nouveau pneu sur la jante initiale.

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Pour ne pas perdre complètement la journée, on file à Pucón, petite ville très touristique qui se trouve sur notre chemin, pour y réaliser une manche. Rapidement, des agents de la municipalité nous indiquent qu’il n’est pas possible de jouer en ville sans autorisation… La sortie n’est qu’un semi­-échec, puisque nous rencontrons plusieurs contacts qui nous seront d’une aide précieuse plus tard… Tout d’abord Marine, une française monitrice de rafting qui nous indique qu’elle pourrait nous héberger dans son jardin, puis un musicien local qui souhaite nous introduire auprès d’un bar dans lequel nous pourrions jouer : le Black Forest. Après une brève audition (cela semble un passage obligé ici), la fanfare des tocards négocie son premier contrat payé avec le patron du bar, pour la soirée de samedi 27 (selon toute probabilité, si Dieu le veut, sur notre chemin de retour de Panguipulli).

Nous quittons Pucón en fin d’après-midi, et la route pour Panguipulli nous apporte son nouveau lot de malchance : la fuite de liquide de refroidissement s’est encore accentuée, et il nous semble qu’une fuite d’huile est également apparue ; ça sent un peu le cramé dans les derniers virages, et le lendemain nous savons que rien ne sera ouvert pour pouvoir consulter un mécanicien…

Heureusement, nous avons fait quelques courses pour le réveillon de Noël, et la maison de Tonton David est parfaite pour préparer une bonne viande au barbecue. On en profite bien, le 25 décembre ayant été décrété comme jour de congé Ah si si si, on pourra dormir… Certains en profiteront également pour aller faire une petite ballade à vélo (Camille et Nicolas), pendant que les autres iront se prélasser à la plage…

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Vendredi 26 décembre, reprise de l’activité avec une bonne nouvelle : notre « padron » est disponible à Santiago ! Le véhicule peut désormais passer la frontière (enfin, s’il roule…). La matinée est consacrée à la visite chez un garagiste, qui répare le pneu crevé, mais nous apprend à cette occasion que la rotule gauche (pièce située derrière la roue) est très abîmée, et qu’il est excessivement dangereux de retourner à Santiago sans l’avoir changée… Ah si si si, la fanfare reçue première au concours de circonstances !

La meilleure option nous semble de repartir dès le lendemain de chez Tonton David, pour nous rendre au magasin Kaufmann (Mercedes-­Benz) de Valdivia ou nous avons de plus grandes chances d’acheter la nouvelle pièce. Nous profitons de l’après­-midi pour jouer à Panguipulli en guise de remerciement à Tonton David, qui nous rend une petite visite, et arrivons à faire une répétition (oui, à force d’avoir des problèmes mécaniques, on en oublierait presque de jouer…). Au passage, on se fait quand même casser un phare avant par un Panguipullien pas très sympa… Mais passons, c’est quantité négligeable par rapport au reste de nos merdes sur le véhicule…

Programme chargé ce samedi 27 décembre : nous devons effectuer toutes les réparations sur le véhicule, à savoir : changement de rotule (plus probablement des deux rotules en même temps), trouver une nouvelle jante pour avoir une roue de secours, faire faire un diagnostic sur le moteur pour comprendre d’où viennent les fuites d’huile et de liquide de refroidissement, réparer le phare avant… pour ensuite retourner à Pucón pour honorer notre contrat au Black Forest…

Après avoir acheté les pièces nécessaires chez le concessionnaire Mercedes (Kaufmann, Valdivia), nous nous rendons dans un gros garage (ce qui nous inspire d’avantage confiance que les nombreux petits garages spécialisés visités jusqu’à présent). La rotule endommagée peut être changée, mais pas le joint entraînant la fuite d’huile, car le garage ferme à 13h… Le garagiste nous indique qu’il faut simplement s’assurer de maintenir le niveau et que l’avarie peut attendre un peu ; même si pour nous, il faudra réparer avant d’entreprendre le long retour vers Santiago. La jante manquante est introuvable, que ce soit chez Kaufmann ou dans d’autres garages…

Nous passons l’après­-midi par le centre de Valdivia pour effectuer une petite manche (avec les nombreux frais engagés dans les réparations, nous vivons désormais au jour le jour question finances). La place devant le marché, très animé et proposant de nombreux produits de la mer, est un spot bien agréable, sur lequel nous ne nous attardons cependant pas : l’après­-midi n’est généralement pas un bon créneau pour jouer en ville, car tous les commerces ferment et les gens font la sieste.

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Après une escale à Villarica pour un petit set express, nous filons à Pucón, où nous pouvons déposer nos affaires chez Marine et Joachim, qui nous permettent de squatter leur jardin et même un peu plus pour le week­end, et nous rendre au bar Black Forest pour la soirée. Le contrat sera un succès : le bar, qui fait resto à sushis, nous offre le boire et le manger en plus de nous payer. L’ambiance est chaude et de nombreux amateurs de musique ont fait le déplacement pour nous écouter. On invite également deux musiciens locaux à partager la scène avec nous, histoire de faire oublier qu’on n’a encore pas assez de morceaux pour faire deux sets complets sans rejouer deux fois les mêmes… On se promet que c’est la dernière fois que ça arrive ! La soirée nous apporte aussi un homme providentiel, Vincent, installé ici depuis 11 ans, et qui a un réseau qui nous sera bien utile : d’une part, celui-­ci connaît un mécanicien qui pourrait travailler sur le Sprinter dès le lendemain (un dimanche !) et d’autre part, il nous recommande à un conseiller municipal qui nous donne une autorisation de jouer à la plage le lendemain ! Un peu soulagés, nous décidons de profiter de notre dimanche pour faire de l’hydrospeed avec Marine et Joachim sur la rivière : on fait le plein de belles sensations dans une eau limpide (mais un peu fraîche pour certains…). Le plan à la plage est moins payant que nos manches habituelles dans les rues commerçantes, on se console dont en faisant une bonne soirée barbecue avec Marine et Jo !

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Lundi 29 décembre : l’échéance du 31 à Mendoza se rapproche dangereusement et on n’a toujours pas pu réparer tous nos problèmes mécaniques : le mécanicien recommandé par Vincent, qui connaît bien les Mercedes Sprinter (dans cette région touristique, on en croise énormément) a pu réaliser son diagnostic la veille, nous indiquant qu’il faut au moins changer la pompe à eau, pour éviter la fuite de liquide de refroidissement et certains joints d’injecteurs, pour traiter la fuite d’huile. Il faut a nouveau que deux éclaireurs (Baptiste et Nicolas) se rendent en bus à Temuco, la grosse ville la plus proche, pour y acheter, chez le concessionnaire Mercedes (encore Kaufmann, dont nous devenons soudainement les meilleurs clients du mois !), ladite pompe à eau (le joint avait été acheté à Valdivia).

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Voilà, chers lecteurs assidus et courageux (l’article était un peu long), où nous en sommes présentement, espérant que le mécano aura le temps pour réparer tout cela rapidement, et que nous puissions décoller de Pucón au plus tôt pour rentrer sur Santiago puis Mendoza, ce qui représente une route conséquente…

En tout cas, ce petit voyage dans la région des lacs nous aura permis de mettre à l’épreuve notre véhicule, et sûrement d’éviter des déboires plus importants dans des régions plus désertiques encore, et nous avons eu la chance, à nouveau, de tomber sur des français qui nous ont grandement aidés, et de pouvoir profiter agréablement de notre séjour dans ces paysages enchanteurs.

Annexes – Notes en bas de page :

A propos du laisser-­passer pour l’autoroute chilienne : Au Chili certaines portions d’autoroute (notamment à la sortie de Santiago) ne peuvent s’emprunter qu’avec ce laisser­-passer (TAC), sous peine d’amende. Dans un premier temps, nous avions imaginé nous passer de ce titre onéreux, mais nous nous sommes vite aperçus que l’évitement desdites portions est plus compliqué que prévu, et nous nous sommes mis en quête du laisser-passer. Deux heures et de nombreux renseignements contradictoires plus tard, nous avons finalement acheté un laisser­-passer journalier à 5000 pesos, nous permettant d’emprunter l’autoroute (il est a présenter à posteriori aux autorités pour faire sauter les éventuelles amendes… bizarre comme système).